Collectif, dirigé par Estelle Valls de Gomis. Vampires (Glyphe)

Une anthologie consacrée au monstre le plus séduisant de l’histoire de la littérature qui y est dépeint sous tous ses aspects. La peur, le rire, la séduction, l »érotisme, le dégoût, l’amour ne sont que quelques-unes des émotions que les vampires réunis par Estelle Valls de Gomis éveillent en nous.

Ce nouveau recueil de textes vampiriques change un peu des ouvrages habituels du même genre. En effet, la proportion de textes inédits et récents prend ici le pas sur les classiques. Si ceux-ci ne sont cependant pas oubliés (Maupassant et Rymer sont là pour en témoigner), force est de constater qu’on ne retrouve pas ici les poncifs du genre. Certes les premiers chapitres de Varney ici présent ont déjà eu les honneurs d’une publication (dans l’Emblème Vampyres des Editions de l’Oxymore), mais ce texte est par trop oublié par chez nous, et mérite un peu plus de visibilité. Concernant les autres auteurs qui s’attèlent ici au mythe, on dénombre aussi bien des écrivains ayant déjà commencé à se faire un nom (Sire Cédric, Charlotte Bousquet, Franck Ferric), que de nouveaux venus dans le genre de la nouvelle (au nombre desquels Jean Marigny, bien connus pour son statut de spécialiste français du vampire en littérature).

Les vampires représentés ici possèdent différents visages, différents aspects, et ne se situent pas tous dans l’acception la plus classique. Du vampire psychique (l’Autre face du don de Sophie Dabat) aux objets vampiriques (Parure de nuit de Caroline Gaillard, Souvenir des Carpathes de Olivier Gay, etc.), en passant par une version revisitée de Sissi Impératrice et des prémices de la seconde guerre mondiale, les auteurs jouent avec le vampire, dépoussiérant pour la plupart le mythe avec un certain savoir-faire. A noter également un petit clin d’œil à d’autres ouvrages du genre, le héros de la nouvelle de Franck Ferric portant le nom de Ranft. Quant à Jean Marigny, qui signe ici sa première nouvelle, il nous propose une transposition du mythe en pleine fin de seconde guerre mondiale. Le traitement du buveur de sang n’y est certes pas des plus novateurs, mais le style est assez efficace.

En bref, ce recueil plus moderne et original que les productions habituelles du genre comporte une large variété de texte si, s’ils ne sont pas tous appelés à la postérité des textes anciens, n’en sont pas moins des variations intéressantes.

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