Clavel, Fabien. Le miroir aux vampires. Tome 1

Bérénice, Ça y est, j’ai fait ma dernière rentrée à Augustin-Thierry, en internat cette fois. Rien de changé dans ce lycée : Cerise la peste et ses sous-fifres qui font baver les garçons, un beau gosse qui se prend pour Brad Pitt et quelques nouveaux. Parmi eux, il y a Nóra, avec qui je partage ma chambre. Il y a aussi Léo. Je ne l’avais pas remarqué au début mais je crois qu’en fait il me plaît bien. Mais ce n’est pas pour ça que je t’écris… Ecoute, Béré, il se passe des choses étranges dans ce bahut… On a incendié le foyer, je crois avoir une idée du responsable, mais je ne peux rien dire. Depuis, la sécurité a été renforcée et le lycée est en train de devenir une prison.

Et moi, j’ai comme des apparitions, des sensations bizarres. Je t’ai parlé de Nóra. Eh bien, je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose m’attire chez elle. Je ne me sens vraiment bien que lorsqu’elle est près de moi. Et ce n’est pas tout : il y a ce miroir dans notre chambre d’internat. Parfois, j’ai l’impression qu’il y a une connexion entre lui et moi. Tu crois que je suis vraiment dingue ?

Comment commencer cette chronique sur le Miroir aux Vampires ? Très simplement, je pense. Je déteste les romans qui se déroulent à la fac ou au lycée et dont les héros ont dans les 16-17 ans. Je déteste les romans qui parlent de la vie adolescente et ses tracas à grand renfort de clichés. J’aime pas non plus les romans sous forme de journal intime. Et j’aime pas quand on switch de point de vue au cours du récit.

Tout ça pour dire que… j’ai adoré le Miroir aux Vampires. Et je pèse mes mots. Pour être honnête, c’était la première fois depuis passé un an que je lisais un roman d’une traite. J’avais demandé ce roman parce que je voulais voir ce que la plume d’un homme donnait sur un roman qui parle d’une adolescente et de vampires, et j’ai été plus que conquise.

On suit une année scolaire de Léa, ado forte tête, mais qui manque quand même un peu de confiance en elle. Ses parents sont récemment séparés, son père est en pleine dépression, sa sœur est partie sur Paris pour ses études… Un tableau pas spécialement rose pour commencer sa dernière année de lycée, mais sa première en internat. C’est la raison pour laquelle elle commence à écrire une grande lettre à sa sœur pour lui raconter les choses qui lui passent par la tête, lui pèsent sur le cœur, et toutes ces choses étranges qui commencent à se passer au bahut. Pas forcément pour la lui envoyer, mais pour sortir tout ça de son système. Et ça fonctionne. On suit et on ressent, jour après jour.

J’ai été conquise dès les premières pages. Le roman s’ouvre en effet par une lettre, dans laquelle ce que nous – humains – appelons un vampire écrit à son Vézer, pour lui expliquer la situation. Ces lettres, qui ponctuent le récit très finement, sont autant de comptes rendus de la situation de la part d’un soldat à son général qu’un regard sur notre société qui ne manque pas de recul. Humour caché derrière la candeur de la personne qui écrit, profondeur de la réflexion qui ne semble qu’effleurer mais va en profondeur… Ces petits intermèdes, tout comme le blog de Cherry92 – qui est un gros coup de cœur, avec ses fautes d’orthographe et ses travers adolescents – sont des plus réussis.

Vient ensuite le récit de Léa, et là… J’en perds mes mots. Au point que je n’ai envie de poser qu’une question à l’auteur : Monsieur Clavel, êtes-vous une adolescente de 17 ans ? L’avez-vous été dans un passé proche ? Je veux bien admettre que certains parcours permettent une observation de cette espèce des plus incompréhensibles, mais ce que vous avez réussi, c’est du grand art. Parce qu’observer et cerner, ce n’est pas la même chose que rendre et faire ressentir, et là, Monsieur Clavel, chapeau. Et c’est une femme qui parle. J’ai été bluffée, et Dieu sait que je suis mauvais public. Pour tout dire, si Bella n’avait eu qu’un dixième de la personnalité de Léa, de sa profondeur, je me serais certainement moins fait ch… en lisant Twilight (désolée pour les fans).

Pour ce qui est des vampires, sans parler de leurs caractéristiques précises – qui font partie de l’intrigue -, ne vous attendez pas à des suceurs de sang « conventionnels ». Chez Clavel, ils sont traditionnels et neufs à la fois. Ils vivent le jour, n’ont pas peur des crucifix, ni de l’ail. Mais, s’ils guérissent rapidement et sont très forts, ils ne sont pas à l’abri de tout. Eh oui, même les prédateurs ont leurs propres prédateurs…

Eux-mêmes ne se définissent pas comme des vampires d’ailleurs, mais je vous laisse découvrir cet aspect du roman, qui est un des gros points positifs. Il y a une vraie recherche et une vraie réflexion sur le mythe du vampire, jusqu’à son acceptation actuelle. Ce qui le résumera le mieux – ou ce qui en donnera un très bon aperçu, plutôt – est une phrase de la première lettre, lorsqu’il est dit que « [les humains] ne font que projeter sur nous leurs peurs les plus intimes. Ils sont effrayés par le noir, alors nous vivons la nuit ; ils craignent de vieillir, alors nous restons éternellement jeunes. »

Et cette phrase n’a été que la première d’une longue série à me séduire. Car, quand il ne nous fait pas réfléchir, le Miroir aux Vampires nous fait rire, ou nous touche. Il n’y a pas une page qui n’ait son pesant d’émotions, à quelque niveau que ce soit.

Si vous n’avez pas encore compris, je vais le dire clairement : foncez. Ce livre est une perle qui ne séduira pas qu’un public adolescent, il donc serait dommage de passer à côté. D’ailleurs, si vous avez des préjugés sur la littérature « pour jeunes », foncez. Ce serait dommage que vous ne changiez pas d’avis.

Le Blog de MrsNobody92

J’ai lu un livre d’enfer ce weekend : sa s’appelle le Miroir au Vampires de Fabien Clavel. C trop bien comme bouquin !!!! C l’histoire d’une fille qui s’appelle Léa mais les autres l’appelle Terminatrice (lol !), et elle rentre en terminale. Il lui arrive des trucs trop chelou à cte miss !! Et y a un mec qui est trop craquant, et sa cobox elle est trop bizarre aussi !!! Fin je vous en dit pas trop, mais faut apsolument que vous le lisiez. C’est un livre à pas raté !!!!!! ☺ ☺ ☺ ☺ ☺ ☺ ☺

3 commentaires

Vladkergan a dit…
Trop, je l’ai lu aussi, j’ai beaucoup aimer ! d^-^b

EvilKika a dit…
Depuis quand tu lis des trucs comme sa toi ? -_-‘

MrsNobody92 a dit…
Non mais sait vampirisme.com, ils veulent que je lise des livres intelligent (ironie !!! ☺ ☺ ☺ ☺ ). Mais celui là il vaut vraiment le cou ! Je l’ai trop kiffer !!!!!

2 réponses à Clavel, Fabien. Le miroir aux vampires. Tome 1

  1. Vladkergan dit :

    Après s’être frotté à une vision plus SF du mythe du vampire, voici Fabien Clavel revenir avec une série aux forts accents Bitlit qui va entraîner le lecteur dans un lycée de la région parisienne. Un lycée d’apparence anodine, où les choses vont peu à peu prendre une tournure surprenante, voire effrayante…

    Les auteurs français sont capables de se frotter aux codes Bitlit de très belle manière, voilà ce qu’arrive sans nul doute à prouver Fabien Clavel, avec ce premier tome du Miroir aux vampires. Ou comment, dans un lycée parisien d’apparence anodine, la fiction va peu à peu prendre le pas sur la réalité, et mettre Léa, la jeune héroïne, face à un monde jusqu’alors oublié.

    Assez jubilatoire, aussi crédible dans ses aspects lycéens (l’auteur n’est pas prof pour rien) que fantastiques, ce premier tome se laisse lire sans aucun écueil, ne permettant pas au lecteur de lâcher le livre avant d’en avoir retourné la dernière page… a son grand dam. Car l’imagination est là, et la mise en place d’un univers cohérent qui a digéré ses influences et joue avec les codes… pour notre plus grand plaisir.

    Pas de préambule, pas de longue entrée en matière, le lecteur découvre, en même temps que l’héroïne, ce qui semble se tramer à Augustin Thierry. Le style épistolaire n’en est pas moins dynamique et rythmé, ne faisant retomber la tension dramatique à aucun moment. Car si le lecteur se prend peu à peu au jeu des confessions journalières de Léa, c’est bientôt happé par la promesse d’un mystère haletant qu’il se met à lire frénétiquement le récit.

    Fabien Clavel se joue des codes du mythe. Citant à loisirs Jean Marigny et certains de ses ouvrages théoriques, il n’en pose pas moins les bases d’un mythe dépoussiéré, qui s’aventure sur les sentiers des mondes parallèles et de la sorcellerie. On apprend ainsi l’existence de deux races vampiriques, l’une étant la Némésis de l’autre. Les Stryges, capables de voler, sont ainsi les ennemis héréditaires des Sanguisugae, plus proches des reptiles (notamment dans leur capacité à muer), dont les morsures laissent des traces caractéristiques sur le cou des victimes.

    Rejetés en dehors du monde réel par les Stryges, les Sanguisugae sont dirigés par des vézer, qui dirigent leurs cohortes de katona, ou soldats. Le reste, c’est en lisant ce premier tome que vous le découvrirez, notamment l’importance des miroirs pour une des deux espèces.

    Un premier opus franchement accrocheur, d’une très grande fraîcheur, qui montre que les auteurs français sont tout à fait capable de concurrencer les anglo-saxon sur le créneau Young Adults. Par la même occasion, Fabien Clavel démontre qu’on peut très bien se frotter plusieurs fois au même thème sans pour autant tomber dans la redite. Chaudement recommandé…

  2. Mathilde dit :

    Est-ce qu’il y aura une second tome car il y a écrit Le miroir aux vampires tome 1 ???????????

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