Pavlenko, Marie. Interview avec l’auteur de Marjane

Bonjour. Pouvez-vous vous présenter pour les internautes de Vampirisme.com ?

Je m’appelle Marie, j’écris des romans YA depuis 2010, j’aime les univers parallèles, les monstres, la complexité des liens entre les gens, le mensonge (dans les histoires), les dragons, les corkans et les amandes grillées.

Vous venez de sortir aux éditions PKJ le premier tome de Marjane. Pouvez-vous nous expliquer la genèse de ce projet ?

À l’origine, il y a une rencontre avec l’équipe PKJ, qui m’a demandé autour d’un café de lire un petit synopsis. Une histoire de vampires… Il y avait des choses ultra-intéressantes dans ce court texte, et j’en ai beaucoup parlé avec eux, sans me demander une seconde pourquoi ils me l’avaient fait lire. Ils m’ont proposé de l’écrire… J’ai d’abord refusé parce que je trouvais suicidaire l’idée de me lancer dans le millionième ouvrage sur les vampires. Mais mon cerveau en a décidé autrement et a commencé à cogiter comme un furieux. Alors j’ai accepté, et j’ai tordu, effacé, remanié les éléments pour en faire mon bébé.

Le bestiaire mis en scène dans ce premier tome est pour le moins original. Lithomorphes, sybares… que représente chacune de ces espèces pour vous ?

J’ai peur de vous décevoir, mais je ne réfléchis pas à la portée symbolique de ce que j’écris, ça vient et je façonne. Je n’aime pas être dans l’analyse, j’ai peur de casser la magie. Je souhaitais insuffler de la richesse à l’univers de Marjane, et sortir des habituelles créatures associées aux vampires (loups-garous, démons, etc.) D’autres, nombreux, l’ont fait à la perfection avant moi, je ne pouvais pas rivaliser… Il est vrai aussi que quelques éléments constitutifs des vampires classiques ont été éparpillés par petites touches (l’immobilité nocturne, donc la vulnérabilité, chez les lithomorphes, par exemple). Mais avant tout, j’ai veillé à la cohérence. De mon point de vue, on croit à une histoire fantasy si son univers est logique et vraisemblable. Plus on invente, plus il faut être rigoureux.

Vous avez fait de Paris le cadre central de votre intrigue. Pourquoi ce choix ? Pensez-vous qu’il y a, avec les villes de la vieille Europe, matière à damer le pion à l’urban fantasy ultramoderne des mégalopoles américaines ?

Le vampire est né chez nous. Voltaire en parlait. Je n’ai fait que lui rendre son continent d’origine 🙂 Par ailleurs, j’ai choisi Paris parce que j’y vis depuis 22 ans, et je trouve que c’est un lieu merveilleux pour imaginer une vie parallèle. J’aime ancrer mes récits dans des endroits que je connais, toujours dans cet objectif de mieux faire croire… Si les Anglo-Saxons exercent une suprématie en matière d’urban fantasy, ce n’est nullement une question géographique en soi. Je pense que c’est avant tout parce qu’ils baignent dans cette culture depuis des lustres. Le lectorat potentiel est immense et ils ont bien raison d’exploiter leur quotidien et leurs villes pour raconter leurs histoires. Chez nous, l’imaginaire en général est considéré comme une « sous-sous-culture », surtout en littérature. Pour de nombreux adultes et intellectuels souvent ignorants de la richesse et de la complexité de ce que recouvre ce terme, la fantasy est un truc gentillet et superficiel, de geek et d’ado incapables de lire autre chose. Du coup, nombreux sont les auteurs français à enraciner leurs récits outre-atlantique. Personnellement, je trouve ça un poil dommage.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du vampire en littérature ces dernières années ?

Il s’enrichit dans toutes les directions possibles : tantôt adouci, tantôt niais, tantôt bestial. C’est une figure indétrônable, comme celle du lycanthrope (dont je rappelle qu’il y a quelques siècles, on croyait qu’il se transformait en vampire, une fois mort !)

Quelles sont vos premières et dernières rencontres avec un vampire (littéraire et / ou cinématographique) ?

La première, précisément, je ne sais pas. Je baignais beaucoup dans l’imaginaire et je dois avoir croisé la route de vampires assez tôt, de façon plutôt naturelle… Mais j’ai un net souvenir du Dracula de Bram Stoker, que j’avais adoré. Plus récemment, j’ai vu la dernière saison de True blood (mais pour être honnête, je préfère les bouquins de Charlaine Harris, qui me fait beaucoup rire) et j’ai lu pas mal d’essais sur les vampires pendant que je travaillais sur Marjane.

Pour vous, comment peut-on analyser le mythe du vampire? Qu’est-ce qui en fait la pérennité ?

Il existe des dizaines d’interprétations bien sûr, mais j’aime celle à caractère plutôt mystique 🙂 L’immortalité a un prix. Celui du renoncement à la lumière et à la vraie vie. C’est un de mes thèmes préférés.

Avez-vous encore des projets de livres sur ce même thème ? Quelle va être votre actualité dans les semaines et les mois à venir ?

Marjane est partie pour être une trilogie, donc je travaille sur la suite et devrais passer au moins un an et demi voire deux dans cet univers. Sinon, je publie un roman en octobre, mais pas du YA cette fois, plus à destination des adultes. Il s’agit d’une comédie macabre, un peu romantique et très foutraque, qui sortira chez Pygmalion.

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