Tamaillon, Stéphane. Interview avec l’auteur de la série Krine

Bonjour. Pouvez-vous vous présenter pour les internautes de Vampirisme.com ?

Bonjour, je suis auteur, principalement dans le domaine de la jeunesse et du young adult. J’ai publié sept romans jusqu’à présent chez différentes maisons d’édition comme Le Seuil, Les 400 Coups, Gründ, Oslo, Oskar… Ma série Krine s’est retrouvée par deux fois finaliste pour le prix des Futuriales et le tome 3 vient d’être sélectionné pour le Grand Prix de l’Imaginaire.

Votre Série Krine compte actuellement trois tomes. Pouvez-vous nous expliquer la genèse de ce projet ?

L’objectif était de rendre un hommage à la littérature fantastique du XIXe et du début XXe siècle ainsi qu’à tout un pan du cinéma de genre, tout en le mêlant à diverses de mes influences comme l’œuvre de Conan Doyle. Le projet est né de l’envie de confronter la figure classique de l’enquêteur privé aux mythes et légendes, qu’ils soient religieux ou littéraires, tout en traitant de thèmes qui me tiennent à cœur comme le droit à la différence, l’acceptation de l’autre, mais aussi de soi-même.

On sent, malgré l’aspect uchronique de l’univers, un fort ancrage dans la réalité de l’époque victorienne. Pourquoi appuyer autant sur un réel que vous chamboulez de toute façon avec vos Grouillants (les créatures fantastiques de cet univers) ?

Je considère que les meilleures histoires fantastiques sont celles qui s’appuient sur le réel. On part d’un univers qu’on connaît ou qu’on croit connaître et on lui donne une nouvelle direction, en ajoutant un grain de sable qui dérègle la machine. C’est ce qui me plait. Et puis j’ai une formation d’historien (je suis aussi prof, personne n’est parfait), j’aime le Londres victorien et les mythes qui lui sont associés. C’est donc un vrai plaisir de partir de cette matière si riche pour l’amener vers le Londres de Krine.

Si d’un côté vous puisez certains de vos personnages dans le roman de Stoker, vos vampires s’en détachent de manière forte. D’où vous est venue cette idée ?

Je ne voulais pas faire un copier-coller de l’œuvre de Stoker, ce n’était pas l’objet. Si la série Krine se veut un palimpseste des classiques de la littérature fantastique, j’avais envie de jouer avec les codes, de me les réapproprier. Pour mes vampires, je suis tout simplement parti de l’idée du « suceur de sang » et cherché les créatures (autres que l’éternelle chauve-souris) auxquels on pouvait l’associer. Effrayantes et plutôt répugnantes, celles que j’ai choisies se prêtaient bien à mon projet.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du vampire en littérature ces dernières années ?

J’ai grandi avec les films de Bela Lugosi, Christopher Lee et les bouquins de Stoker, de Stephen King ou Peter Strauss. De l’horreur classique, voire gore, alors disons que la bit-lit n’est pas trop mon truc. Après, il y a des très bonnes choses, mais Twilight, j’ai du mal. Pour moi le vampire est inhumain par principe, c’est un animal en quête de proies. Il est dangereux, peut se montrer séduisant, mais reste un mort-vivant.

Quelles sont vos premières et dernières rencontres avec un vampire (littéraire et / ou cinématographique) ?

Le premier film doit être Le cauchemar de Dracula avec Christopher Lee (vu à la télé). En livre, Le journal d’Edwin Underhill de Peter Tonkin, puis le Dracula de Stoker. Récemment, j’ai lu Human remains, une nouvelle de Clive Barker et racheté le film Génération perdue en bluray.

Pour vous, comment peut-on analyser le mythe du vampire? Qu’est-ce qui en fait la pérennité ?

Je pense que cette figure nous fascine, car elle nous renvoie à notre propre mort. Le vampire est un miroir de notre désir d’immortalité, de notre peur face à une fin qu’on sait inéluctable. Ce n’est pas un hasard si ce mythe apparaît dans de très nombreuses traditions, et ce, depuis l’Antiquité. Malgré les progrès scientifiques, en dépit des différentes religions, la mort reste un mystère. Les vampires, comme les fantômes sont des reflets de nos angoisses, une manière de les apprivoiser. Tant qu’on n’aura pas percé le secret de la mort, je pense qu’ils resteront des compagnons fidèles.

Avez-vous encore des projets de livres sur ce même thème ? Quelle va être votre actualité dans les semaines et les mois à venir ?

Pas sur les vampires directement, mais Krine devrait connaître de nouvelles aventures et rencontrer d’autres figures du bestiaire fantastique. Pour ce qui est de mes prochains romans, je publie en mars un texte de SF pour ados intitulé N.H. chez Oskar, puis un récit de pirates chez Flammarion. Je devrais normalement m’atteler par la suite à un diptyque « steampunk » ainsi qu’à un gros one-shot « fantasy ».

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