Sire Cédric. De fièvre et de sang

Une jeune fille se réveille entièrement nue et entravée sur un matelas couvert de sang. Elle sait qu’elle va mourir, toute tentative de fuite semble inutile. La douleur n’est rien en comparaison de la peur panique qui s’est emparée d’elle… Le commandant Vauvert mène l’enquête en compagnie d’une profileuse albinos, Eva Svärta. Personnage excentrique et hors norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre.

Ensemble, ils vont tenter de remonter la piste d’un tueur en série qu’ils croyaient mort et qui a pour habitude de vider entièrement ses victimes de leur sang. S’agit-il d’une réincarnation, d’un spectre, d’un homme, d’une femme, d’une créature d’un autre monde ? Suspense, angoisse, horreur, sensations étranges, crises de démence, folie meurtrière, rite satanique… Un thriller oppressant qui entraîne ses lecteurs au-delà de la raison.

Depuis son recueil Déchirures, je n’avais pas vraiment eu l’occasion de me replonger dans une œuvre de Sire Cédric, bien que suivant régulièrement l’actualité de l’auteur. Quand j’ai donc reçu De fièvre et de sang, c’est donc débarrassé de tout a priori sur son œuvre passée que je me suis attelé à la lecture du roman. Et quel roman ! Sire Cédric a véritablement fait mûrir son style depuis ses débuts en tant qu’auteur. Si ses premières nouvelles avaient un charme certain pour qui apprécie les ambiances fantastiques, De fièvre et de sang et d’un tout autre calibre.

Ecrit avec un incroyable sens du suspense et de la mise en scène, ce nouveau roman nous plonge à vive allure dans une histoire où réalité et fiction s’entrecroisent à la perfection, penchant tantôt vers un polar aux accents américains, tantôt vers un fantastique sombre et sans concession. Le tout s’achevant sur une accélération insoutenable qui empêche le lecteur de refermer le livre avant d’être sûr que l’histoire est terminée. Si l’Enfant des cimetières est du même acabit, je crois qu’il va falloir que je m’octroie une petite pause dans mes lectures vampiriques, car force est d’avouer que Sire Cédric à une plume des plus efficace qui a gagné en maturité depuis ses débuts.

Vampiriquement, j’avoue ne pas avoir su immédiatement sur quel pied danser. La lecture de la quatrième de couverture n’est pas des plus explicites à ce sujet, mais dès les premiers chapitres et les premières pistes des enquêteurs, on comprend quelle grande figure vampirique recouvre de son ombre la trame du roman. Recherche de la jeunesse éternelle (et variation originale sur ce thème) à travers les sacrifice de sang aux divinités du panthéon dace, voilà, en essayant de ne pas tout dévoiler, quel est l’un des axes vampiriques majeurs de ce nouveau roman. Sachant que Sire Cédric fait de la comtesse Bathory, descendante du peuple dace, une des premières à avoir ressuscité ces vieux mythes (notamment en ce qui concerne la divinité tutélaire qu’est Zalmoxis) dans le but de conserver sa jeunesse et sa beauté éternelle.

A noter à ce sujet la présence, parmi les ouvrages dans lesquels vont puiser les personnages du récit, du De Zalmoxis a Ganghis Khan de Mircea Eliade, ouvrage indispensable pour tout amateur de folklore est-européen qui désirerait remonter à certains des mythes fondateurs du vampirisme. On croise également une des Comtesse sanglante, probablement celle de Penrose si on en croit la description du livre.

Sire Cédric propose donc avec ce nouveau roman un polar fantastique calibré à l’américaine, doté d’un suspense vraiment haletant qui hypnotise le lecteur jusqu’à la dernière page. Sans non plus révolutionner la littérature vampirique, ce roman propose également de revenir aux sources du mythe, et de découvrir les possibles origines des crimes de la célèbre comtesse Bathory.

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