Cazottes, Magali. L’incroyable secret des vampires

Depuis les temps bibliques jusqu’au dernières séries et romans du genre, Magali Cazottes s’essaie à une investigation en profondeur du mythe du vampire. Entre tabou du sang, place de la femme et recherche de l’immortalité, l’auteur tente d’aller au-delà de la simple narration et des influences sociales et historiques pour mettre au jour une symbolique séculaire, qui transparaît dans un corpus de textes et de récits dépassant le seul cadre européen.

Si les variations ésotériques sur le thème du vampire sont loin d’avoir ma préférence, vis à vis de la fiction, la ligne éditoriale de vampirisme.com et ma curiosité relative à l’exploitation élargie du sujet ne me font que très rarement rejeter une lecture a priori. Surtout chez une maison d’édition qui a su par le passé participer à mon approfondissement du sujet (ouvrage faisant d’ailleurs parti des sources de l’auteur). Et force est de constater que si je ne suis pas totalement convaincu, il y a de nombreux éléments intéressants dans cet opus. A commencer par un retour en arrière sur les prémices féminins de ce qui deviendra plus tard les vampires que nous connaissons aujourd’hui. Notamment via personnage de Lilith, sa place dans la Bible et dans le panthéon babylonien.

L’ouvrage, en se penchant sur la symbolique du sang et la recherche de l’immortalité, intègre à son corpus des œuvres qui ne sont pas d’emblée rattachées au vampire. Je pense notamment au Livre des morts égyptien et à La matière de Bretagne, que l’auteur aborde comme des ouvrages initiatique se faisant les porte-paroles de traditions ésotériques.

Reste que plusieurs assertions me semblent sujettes à caution, et pas seulement sur le parti-pris ésotérique / initiatique. L’auteur affirme ainsi que Stoker a lu Dom Augustin Calmet (ce que rien ne permet de valider ), et aurait pu être influencé par son appartenance à la Golden Dawn (même si elle minimise ce point dans un deuxième temps). Si les relations entre l’auteur de Dracula et certains membres de la société secrète est réelle, rien à l’heure actuelle ne permet de valider son appartenance à cette dernière. Certains liens entre le roman et la vie Dracula historique sont également à nuancer, dans le sens où de ce qu’on en sait aujourd’hui, les connaissances qu’a pu avoir de Stoker concernant l’histoire de Vlad Tepes semblent avoir été très parcellaires (difficile alors d’imaginer qu’il ait eu connaissance du nom de la femme suicidée du voïvode).

Un ouvrage pas inintéressant, qui remet les choses à leur place concernant la genèse du vampire (et ses ramifications dans l’Antiquité) et propose une lecture ésotérique, voire occulte des caractéristiques du buveur de sang (via la thématique du corps astral).

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