Tosches, Nick. Moi et le diable

Auteur vieillissant et alcoolique, Nick passe ses soirées en quête de jeunes femmes qu’il séduit avec son érudition et ses goûts d’esthète. C’est à cette occasion qu’il fait la connaissance de Mélissa, une jeune étudiante rencontrée  dans un bar où il a ses habitudes. Suivant son instinct, il finir par mordre la jeune femme à l’aine, et à avaler son sang. L’extase qu’il ressent alors va l’amener à revoir Mélissa, et à plonger à chaque fois plus profondément dans les plaisirs extrêmes.

Je ne connaissais pas, jusqu’alors, la prose de Nick Tosches, auteur qui s’est tout d’abord fait un nom via l’autobiographie musicale (son premier ouvrage, Hellfire, une autobiographie de Jerry Lee Lewis, a été publiée en 1982) avant de s’essayer (avec succès) au roman dès 1988, et à la poésie à partir de 1999. Laissant planer le doute sur certains aspects autobiographique du texte (le personnage principal, écrivain et vieillissant, son prénom, la narration à la première personne), l’auteur propose au lecteur de suivre son héros en proie aux affres du temps, et à la découverte d’une seconde jeunesse à travers le sang.

La plume est particulièrement maîtrisé, et pose d’emblée les hantises d’un héros blasé qui ne trouve plus goût à l’existence, sans pour autant avoir envie d’en finir. C’est dans le sexe, et la pratique extrême de ce dernier, qu’il a la révélation et éprouve les sensations d’un rajeunissement et d’une possible immortalité. Voir la force de mettre un terme à ses travers qui le conduisaient progressivement sur la pente descendante, à commencer par son addiction pour l’alcool. Reste qu’au final, malgré une entrée en matière accrocheuse, je ne suis pas parvenu à adhérer à l’ouvrage, autant en raison de quelques longueurs que par ses aspects BSDM, qui finissent par prendre trop de place à mon goût. Sans même parler du trop plein intellectualiste de l’ensemble.

Via la recherche de l’immortalité de son personnage principal, Moi et le diable possède des liens assez marqués avec le thème du vampire. Dans l’un des premiers chapitres, l’auteur parle ainsi de Bela Lugosi, alors même qu’il découvre que le sang qu’il a ingéré semble avoir un effet bénéfique sur son corps. En effet, ses maladies chroniques (le diabète) disparaissent et il voit son corps rajeunir, ou tout du moins bénéficier d’un regain de tonus marqué, même par ses médecins.

Si je ne nie pas la force de  la plume de Nick Tosches, force est d’avouer que le roman ne m’a pas convaincu, faisant preuve d’une suffisance (matérialisée par le personnage central) qui finit par être lassante. Les extrêmes dans lesquels se complaît rapidement Nick ont également finit par altérer mon intérêt pour le pitch initial, pour autant prometteur.

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