Bouchet, Juliette. Avant j’étais juste immortel

Raphaël est un vampire qui vit en solitaire depuis des dizaines d’années. Alors qu’il a trouvé depuis quelques semaines refuge dans une maison isolée, il se retrouve nez à nez avec Lord Roberts, le propriétaire anglais de cette dernière. Dans un premier temps ennuyé par la situation, Raphaël finit par transformer Roberts sans expliquer à ce dernier de quoi il retourne. Tous deux finissent par trouver un certain équilibre, ne sortant que pour se nourrir de sang. Mais il est bien difficile pour des vampires de trouver du sang pur de nos jours, au vu de tout ce que les humains sont capables de faire transiter dans leurs veines. Et comme si la problématique de la nourriture ne suffisait pas, Raphaël finit par faire la connaissance d’une jeune femme très attirante… mais humaine.

Se présentant comme un roman de littérature blanche (pas de couverture tape à l’œil, ni de communication sur les sites imaginaires habituels), ce roman de Juliette Bouchet est pourtant bel et bien un roman de vampires. Pour autant, l’auteur choisit un parti pris mi-humoristique mi-sociologique pour narrer les péripéties du duo de vampires constitué de Lord Roberts et de Raphaël, même si c’est ce dernier qui est au centre du récit. On y suit l’apprentissage du Lord (devenu vampire après avoir été mordu) par Raphaël (né vampire).

C’est ainsi la problématique de la pureté du sang, et donc de ce que s’inflige l’être humain (via la drogue, l’alcool, les médicaments, les aliments OGM…) qui finira par conduire les deux héros à l’hôpital, ce qui sera l’occasion du coup de foudre pour Raphaël, comme celui pour Roberts de rencontrer la famille de son créateur. La sexualité est aussi centrale dans ce court roman, que ce soit le vœu de chasteté de Raphaël (qui ne semble réellement apprécier que le sang des vierges), que son frère obsédé sexuel.

Mais sexualité comme sang ne semblent là que comme des manifestations de l’amour, qui apparaît finalement comme le fil conducteur du récit. La difficulté qu’éprouve Raphaël à aimer son prochain (et pourtant son attachement pour Lord Roberts, puis Alma et son fils), l’amour que se portent ses parents (et l’importance de la famille), sont autant de matérialisation de cet amour qui transparaît au fil des pages.

Juliette Bouchet aborde les thèmes centraux du mythe (importance du sang, sexualité, mort), même si elle choisit de créer des vampires sans réels pouvoirs surnaturels (si ce n’est leur immortalité et une certaine résistance physique). Ses vampires vivent la nuit et doivent se nourrir de sang mais ne peuvent se transformer en animaux, ni ne semblent indisposés par la sphère religieuse. Seule la décapitation ou un pieu enfoncé en plein cœur semblent à même d’en venir à bout.

Un roman court et assez amusant qui se démarque par son humour tout autant que par la manière dont il aborde le sujet (sans pour autant déroger aux poncifs du genre). Sans être totalement conquis par la plume, voilà qui change des sorties de ces derniers mois sur le sujet.

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