Scarling, Alice. Requiem pour Sascha, tome 1. Lacrimosa

Chanteuse dans un groupe de metal, Sascha possède une capacité hors-norme dont elle n’a jamais parlé à quiconque : elle est capable de prendre le contrôle du corps et de l’esprit de ceux avec qui elle rentre en contact physique. Idéal pour arrondir ses fins de mois en jouant les pickpocket. Hantée par la mise à sac par des vampires du couvent où elle était élevée, elle va accidentellement retrouver la piste de ceux qui ont ruiné sa vie passée. Et se trouver un allié : le mystérieux Raphaël.

Requiem pour Sacha est annoncé par Milady comme l’un des nouveaux fer de lance de la bit-lit francophone. Difficile de donner tort à l’éditeur sur ce coup, tant le premier volet de la série d’Alice Scarling propose une mécanique bien huilée qui respecte les codes du genre et apporte au passage sa touche d’originalité. J’ai notamment souvent été frustré du manque de contexte local des séries du genre (soit qu’il ne soit jamais nommé explicitement, soit qu’il soit délocalisé en terre anglophone). Ce qui n’est pas le cas de Requiem pour Sascha, qui se déroule à Paris (même si l’auteur n’y fait référence que de manière éparse). Autre petite touche d’originalité : le mélange des créatures surnaturelles. Car si rapidement on découvre que le monde dans lequel évolue Sascha est peuplé de vampires (et qu’au moins elle dispose de pouvoirs surnaturels), d’autres créatures vivent en marge de l’humanité (et pour certaines jouent avec elle).

L’auteur ne manque qui plus est pas de style. Sans fioritures mais avec une plume incisive, elle parvient sans temps mort (et à la première personne) à plonger le lecteur dans les basques de son héroïne, chanteuse un peu paumée qui va brutalement être confrontée à son passé. Tout en rencontrant de gros problèmes à concilier sa vie d’être humain avec sa part surnaturelle. Les enchaînements sont bien menés, il y a quelques petites touches d’humour, et une grosse ambiance musicale, ce qui n’est pas pour me déplaire. Seul bémol (de mon point de vue) : trop de scènes de sexe / de romance. Mais c’est un des écueils quasi-systématique sur lesquels je butte en me plongeant dans le genre. Pour autant, ces passages ne sont pas la matière principale du récit (comme ça peut l’être dans certaines sagas).

On découvre dès ce premier tome l’existence des vampires, connue de bien peu d’êtres humains (dont Sascha, qui y a été violemment confrontée par le passé). Il s’agit de créatures nocturnes qui se nourrissent de sang pour survivre, mais peuvent tout à fait passer inaperçu pour le commun des mortels. Ils possèdent cependant certains pouvoirs, dont celui de subjuguer leurs proies. Le nitrate d’argent semble efficace pour les mettre hors-circuit quelques instants (mais ils finissent par rejeter le produit), assez en tout cas pour profiter du moment pour leur enfoncer un pieu en plein cœur ou les décapiter. Les lampes à UV semblent également un bon moyen de les blesser. L’espèce semble se structurer autour de certains de ses individus plus anciens qui sont capables de se créer une véritable armée à leur service.

Un premier tome plutôt prometteur, avec pas mal d’idées (et un mélange original de créatures surnaturelles, même si ce dernier n’est pas immédiatement apparent), et une plume efficace à la première personne du singulier. Je lirai en tout cas la suite avec un intérêt certain.

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