Newman, Kim. Dracula Cha Cha Cha

Rome, 1959. Où l’on retrouve Dracula, sur le point de se marier en grande pompe avec la princesse moldave Asa Vajda. Où la journaliste Kate Reed pressent néanmoins que cet événement mondain exceptionnel, qui rassemblera tout le gotha vivant et mort vivant de la Ville éternelle, n’est que la première étape d’un ambitieux projet élaboré par le comte. Où l’on croise enfin Cabiria, le prêtre exorciste Merrin, Orson Welles, un agent secret vampire du nom de Bond, et un mystérieux assassin, le Bourreau Ecarlate, qui trouble la dolce vita de la cité et laisse derrière lui cadavres et traces sanglantes…

Troisième et dernier tome de la trilogie uchronique que Kim Newman consacre à Dracula. Je dois dire que c’est des trois celui que j’ai le moins apprécié, même si on est encore très au-dessus d’une part importante de la littérature vampirique actuelle. Kim Newman nous entraîne cette fois-ci dans la Rome des années 50-60, alors que Dracula est sur le point (à nouveau) de se marier. On retrouve avec plaisir le style de l’auteur, le mélange des genres dont il a fait le point fort de sa série (qui est fortement influencée par le Giallo de Argento et Bava, voire par la Dolce Vita) ainsi que certains personnages qu’on suit maintenant depuis le premier volume (Geneviève, Dracula, Pénélope et Charles pour les principaux).

Newman introduit également quelques nouvelles personnalités, piochant à la fois dans la réalité et la fiction : on côtoie donc ici aussi bien (Hamish) Bond, qu’Orson Welles, Herbert West, Fu Manchu, etc. L’intrigue est à nouveau bien ficelé, riche en rebondissements bien sentis (l’auteur n’hésitant pas à sacrifier certains de ses personnages principaux), et pour une fois le grand méchant n’est pas forcément d’essence vampirique. Mais la surprise est tout de même moins présente, l’ambiance steampunk du premier opus à complètement disparu et la fin… laisse un peu sur notre faim.

Vampiriquement parlant ce tome est dans la droite lignée des deux précédents. Ils doivent boire du sang humain pour s’alimenter, craignent la lumière du jour, l’argent et la foi, et possèdent des capacités impressionnantes d’hypnose, de régénération, de vitesse et de résistance. On rencontre ici par ailleurs le gotha vampirique de la série, réuni pour le mariage de celui que la plupart considèrent comme leur chef : Dracula. Les vampires se sont ici révélés au grand jour (en fait depuis le tome 1) et la société s’est peu à peu adapté à eux (allant jusqu’à proposer des vols ou des classes dédiées dans les avions).

Si ce troisième opus fut un temps le dernier de la série, un quatrième volet, Johnny Alucard, est sorti en Angleterre en 2013, et Kim Newman planche déjà sur une suite. Espérons que ces nouveaux romans soient aussi incontournables que les trois premiers (et tout aussi riches en référence savamment disséminées).

Une réponse à Newman, Kim. Dracula Cha Cha Cha

  1. Vandrell dit :

    Un excellent troisième tome qui conclut, pour moi, très bien le tout.

    Il est vrai que c’est celui que j’ai le moins aimé aussi, mais il faut dire qu’il reste très différent des 2 premiers. Le tome 1 était surtout un roman policier et le tome 2 un récit de guerre, là où le 3e tome est beaucoup plus personnel. L’intrigue n’est qu’une excuse pour faire évoluer les personnages, tout le roman est une réflexion sur la vie et la mort, sur la vision des personnages sur ces aspects, etc. Je ne vais pas trop en rajouter pour éviter de spoiler.

    Outre cette différence de ton par rapport aux 2 autres, il y a aussi, pour moi, un problème de références. Dans les 2 premiers on avait des personnages de littérature et des personnalités réelles assez connues sans avoir besoin d’une grande culture, en particulier du côté de l’Angleterre, mais dans Dracula Cha Cha Cha, la majorité des références sont en rapport avec le cinéma italien (ce qui d’ailleurs concorde bien avec l’époque qui voit la montée du cinéma) ce qui reste assez spécifique. N’y connaissant rien en cinéma et encore moins en cinéma italien, beaucoup de références me sont passées un peu au dessus. Contrairement au premier où Sherlock Holmes ou Poe me faisaient plus rêver.

    Malgré ça j’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce 3e tome et à retrouver des personnages connus, comme Geneviève qui était absente du tome précédent.

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