Jubert, Hervé. Blanche et le vampire de Paris

Janvier 1873. Paris bruisse de la rumeur étrange qu’un vampire sévit dans la ville. Le commissaire Gaston Loiseau est sur les dents. Un dénommé Philémon de Saint-Auban est retrouvé vidé de son sang, une sangsue posée sur son cadavre. Blanche, la nièce de Loiseau, va sans le savoir mener la même enquête que son oncle. En effet, une jeune blanchisseuse illettrée – Camille – lui demande de lire pour elle un billet qui lui est adressé. Il est signé Philémon de Saint-Auban… qu’elle assure ne pas connaître. Blanche se lance dans une dangereuse aventure où tout le monde cultive le secret…

Gaston Loiseau, secondé par le commissaire Arthur Léo, va enquêter sur l’affaire du meurtrier qui laisse ses victimes exsangues, 2 petites traces symétriques sur le cou et, en guise de signature, une sangsue déposée dans le nombril : une sangsue médicinale*.

Pendant ce temps, Blanche mène secrètement son enquête en filant et aidant une mystérieuse blanchisseuse. Blanche aimerait intégrer la police mais son statut de femme du 19ème siècle ne le lui permet pas. Secrètement, elle se passionne pour les plantes vénéneuses dont elle jure devenir une experte.

Toutes les victimes sont retrouvées vidées de leur sang. Aucune trace de ce dernier n’est retrouvée sur les lieux de crimes. Les 2 petites traces symétriques dans le cou font penser à une morsure. Ce rapport au sang et à la morsure donne lieu à une comparaison avec un personnage fantastique : le vampire. Il devient le surnom du meurtrier. A part les descriptions des victimes, nous n’avons pas d’information sur le mode opératoire du tueur. On ne sait pas comment il vide ses victimes, ce qu’il fait du sang, etc. Nous avons quelques précisions concernant l’utilisation et la signification qu’apporte le meurtrier au sang à la fin du roman mais on reste dans le flou concernant le reste de l’intrigue.

Ce roman policier nous présente une intrigue complexe et bien menée qui tient le lecteur en haleine. L’auteur nous dresse un tableau du Paris du 19ème siècle très précis : les monuments, personnages célèbres, les descriptions des personnages et le petit peuple parisien sont clairement évoqués.

Grâce à son style soigné et au vocabulaire recherché, l’auteur nous propulse dans le passé. Les lecteurs, amateurs de style soutenu comportant des pointes d’humour, se régaleront. Ce livre, destiné aux adolescents, fera le bonheur des plus grands également. Pour amateurs de policier aux tendances de thriller historique plutôt que de fantastique comme pourrait nous laisser imaginer le titre.

* La sangsue « Sanguisuga » absorbe le sang après avoir pratiqué une petite incision dans la peau, grâce à trois mâchoires entourant sa bouche. Elle conserve le sang dans son tube digestif qui peut en contenir 55 grammes. Une fois repue, la sangsue relâche sa proie.

Autrefois, on attribuait la maladie à une mauvaise répartition des principaux liquides organiques du corps, ou humeurs. Le traitement consistait donc à se débarrasser de l’excédent de sang ou d’humeur. On pratiquait la saignée, soit en incisant une veine à l’aide d’une lame ou d’une aiguille et en utilisant des ventouses, soit en utilisant des sangsues.

Une réponse à Jubert, Hervé. Blanche et le vampire de Paris

  1. mamoth dit :

    J’adore Hervé Jubert (et non Joubert :)). Toujours chez Albin Michel, mais pas Wiz, car adulte, il y a THE RADLEYS, traduit par LES RADLEY qui sort en octobre. Pour l’instant, c’est sur la page Facebook que j’ai trouvé le plus d’information. On en reparlera sûrement en octobre !
    Le thème est bien différent : il s’agit de l’abstinence. Je l’ai lu en anglais, et ça m’a beaucoup plu.

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