Gogol, Nicolas. Vij

La nouvelle s’ouvre sur la description de la vie quotidienne des séminaristes de Kiev, que la plume de Gogol nous rend insolents et canailles. Ces étudiants en philosophie, théologie et rhétorique s’en vont, à cette période de l’année, rejoindre leur famille, pour ceux qui en ont, ou jeter leur dévolu sur le hasard des chemins, mendiant ou volant gîte et couvert. Les voies se séparent, chacun tente sa chance vers une direction différente découvrant les hameaux ukrainiens et leurs pittoresques habitants.

Le troisième, Thomas le philosophe, aborde un village où se raconte l’histoire d’une jeune fille aisée qui serait rentrée de promenade battue à mort. On avoue aussi, à force d’alcool, une aventure plus insolite, impliquant une sorcière capable de se changer en chien pour mordre femme et enfant et s’abreuver de leur sang.

Une mourante fait appel à Thomas pour les prières de sa veille funèbre, c’est forcé qu’on le mène à ce lit mortuaire dans une chapelle. Trois jours durant, il doit veiller la belle morte, trois jours durant, réciter les prières pour sauver cette âme. Mais ce que l’on murmure s’avère fondé, personne n’est surpris au lendemain de la première nuit d’apprendre la lutte qu’a dû mener le philosophe. Encerclé de sel et muré du son des prières, les yeux de la morte sont restés fermés. La deuxième nuit voit émerger la cohorte monstrueuse de la sorcière qui reste aveugle elle aussi. Mais la troisième nuit, Vij ouvre les yeux sur Thomas !

Vij n’est pas le vampire, c’est un démon appartenant à la sorcière. C’est un peu de là que cette nouvelle de l’Est tire son originalité vampirique, puisque le vampirisme a plus parti lié avec la sorcellerie qu’avec un surnaturel entourant la mort ou l’entre-deux états (mort/vie), bien que les monstres convoqués soient issus d’une réalité « autre ». Néanmoins, nous sommes dans un folklore traditionnel qui se marie très bien avec la couleur du récit, puisque le vampire est très habituellement un sorcier dans sa vie anthume, dans la grande majorité des croyances d’Europe de l’Est.

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