Curtis Klause, Annette. La solitude du buveur de sang

La mère de Zoé est en train de mourir, et Zoé ne sait plus comment lui parler, ni à son père. Sa meilleure amie ne peut pas non plus la réconforter, tout aux préparatifs de son déménagement imminent. Pour chercher l’apaisement, Zoé se promène le soir dans le parc, sans tenir compte des rumeurs de femmes égorgées. Simon est un vampire, mais sa condition l’excède. Il a choisit de se détacher de tous, de ne plus fréquenter aucun humain, même pour boire leur sang. Une seule chose l’obsède, pister celui qui l’a transformé en monstre et a détruit sa famille. Mais il sait qu’il ne parviendra jamais à se venger, car il est trop faible. Leur rencontre permettra à ces deux solitaires de trouver le courage de régler leur compte avec leur vie et avec les personnes qu’ils aiment, ou qu’ils haïssent.

Les thèmes que soulèvent ce livre sont plutôt graves, et sont abordés de manière très intelligente. Destiné à un public jeunesse, les plus grands pourront aussi profiter de ce livre sans bailler. Les deux personnages, assez différents par leur nature de jeune fille de dix sept ans et de vampire de 300 ans, sont pourtant confrontés aux mêmes problématiques. Oui, on a déjà vu ça, des vampires épris de jeunettes dont ils pourraient être le trisaïeul, et il paraîtrait même que grâce à l’amour, ça ne leur pose aucun problème. Mais ici, ce n’est pas une simple romance qui évite les questions qui fâchent, c’est avant tout la rencontre de deux personnes qui ne savent plus communiquer, et qui se trouvent confronter à l’indicible.

Les deux voix se croisent dans le récit, un chapitre chacun, ce qui nous permet d’avoir un point de vue interne des deux vies, qui sont au final deux facettes d’un même problème. Bien évidemment, l’histoire de Simon est bien plus épique que celle de Zoé, quand on est un vieux vampire dont la famille a été massacrée (de manière bien ignoble en plus, mais on ne va pas spoiler) on doit s’atteler à des problèmes un peu plus sanglants, mais il partage avec Zoé la peur de la mort, et la perte d’un proche est une question qui le concerne beaucoup plus qu’un vieux souvenir.

Ici, les vampires craignent le soleil, n’aiment pas vraiment les crucifix, et doivent dormir auprès de leur terre natale. Simples humains, ils sont devenus vampires par la morsure d’un congénère. Leur motivation s’explique par leur psychologie, Simon n’aimant pas son origine de vampire à cause de la manière dont il l’est devenu, Christopher étant totalement névrosé pour n’avoir rien connu d’autre. Pas non plus complètement simpliste, mais toutefois très humain, leur ressenti fait penser aux vampires d’Anne Rice, d’autant qu’on y retrouve la question du vampire enfant. Assez classique donc, mais de bonnes idées pour les morts de vampire.

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