Bousquet, Charlotte. Au miroir des sphinx

Il y a très longtemps… Dans un champ de ruines, deux sphinx défient la destinée. Un vieux philosophe attend la mort. Une sphinge et une femme ailée décident de s’aimer. Autrefois… Un vampire est victime de son inquiétante étrangeté. Un voyageur égaré trouve l’amour dans les yeux d’une louve. Aujourd’hui… Une acrobate amoureuse cherche des ailes pour voler. Deux anges s’affranchissent, enfin, du poids de la divinité. De la lointaine antiquité à nos jours, des rives du Nil aux ruelles étroites de Florence ou de Paris, cette errance au fil du texte et du temps s’interroge inlassablement sur l’altérité et le moi, sur l’amour et l’effroi.

Bien que Lettres aux ténèbres soit dans ma Pile de Livres à Lire depuis plusieurs mois, je n’avais, avant de lire ce recueil, jamais eu l’occasion de lire quelque chose signé de la plume de Charlotte Bousquet. C’est donc chose faite avec ce recueil pour le moins original paru il y a quelques mois de cela aux éditions Argemmios. Je dois dire au final que j’ai plutôt apprécié le style et la manière qu’à l’auteur d’aborder les sujets.

Culturellement approfondi, les nouvelles et textes qui composent ce volume montrent en effet un intérêt certain de l’auteur pour l’Histoire (et pour les histoires), doublé avec une bonne capacité d’assimiler et de s’approprier les mythes et légendes. J’ai notamment apprécié sa relecture de l’épisode d’Ulysse et de Circée, une réécriture originale qui met en exergue la solitude de deux êtres qui vivent ensemble et finissent par se haïr. C’est bien ficelé, les personnages sont consistants et travaillé (la psychologie de l’héroïne de la dernière nouvelle est à ce propos vraiment intéressant, l’auteur faisant osciller son récit entre réalité et fiction, instillant un doute constant jusqu’à la dernière phrase. Je n’ai pas forcément adhéré complètement à toutes les nouvelles, mais il se dégage de ce recueil une certaine qualité, démonstration d’un travail d’écriture soigné et travaillé.

Si la thématique de l’immortel condamné à errer sur terre revient plusieurs fois au cour des nouvelles, c’est surtout la nouvelle Vie volées qui voit réellement intervenir un vampire. Transformé en buveur de sang par une créature des légendes de son peuple, les tziganes, Uriel est une créature de la nuit qui choisit avec parcimonie ses victimes. Il est par ailleurs capable de lier son esprit avec des animaux auquel il donne son sang à boire.

Un ouvrage très bien écrit, bien documenté (et surtout dont les nouvelles semblent avoir digéré leurs sources d’inspirations). Charlotte Bousquet semble décidémment un auteur à suivre de près…

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