Capuana, Luigi. Un vampire

Lelio Giorgi avoue à son ami, le scientifique Mongeri, que lui et sa femme sont victimes d’événements surnaturels depuis plusieurs mois. Face à l’incrédulité de son interlocuteur, et malgré les interruptions de ce dernier, bien décidé à désamorcer toute tentative d’explication fantaisiste, le poète relate les événements qui ont peu à peu obscurci le quotidien du couple. Pour ce faire, il remonte au moment de leur rencontre, alors qu’il se voit obligé de partir à l’autre bout du globe pour se faire un nom et devenir un gendre possible aux yeux des parents de la jeune femme dont il est épris.

Ce recueil de deux nouvelles (Un vampire et Un cas de somnambulisme) offre au lecteur français la possibilité de découvrir l’auteur Capuana Luigi, considéré comme un des acteurs phares du vérisme (un courant artistique dont la partie littéraire est influencée par des auteurs français comme Zola et Maupassant, via leurs aspects naturalistes). Les deux nouvelles présentées confrontent de manière assez subtile le supra-naturel et la rationalité scientifique, sans forcément prendre position pour l’un ou pour l’autre (jusqu’à la fin, dont l’explication est souvent à trouver entre les deux). Les deux textes sont relativement courts mais font tous les deux preuve d’un sens de la chute assez maitrisé, l’auteur emmenant le lecteur là où ce dernier ne s’attend pas à aller.

Côté vampirique, l’entité ici mise en scène (dans la première histoire) semble rattachée à l’ancien mari d’une des protagonistes. Si elle semble totalement désincarnée dans un premier temps, l’avancée du récit montrera qu’elle est en mesure de prendre corps, et de s’attaquer aux vivants pour s’abreuver de leur force. Il s’agit enfin d’une créature qui n’agit que la nuit, et uniquement en présence du couple qui en est la victime.

Ce recueil certes très court est malgré tout une bien sympathique découverte. Le style de l’auteur, qui ne se prive pas d’incorporer à sa trame quelques moments d’humour, est fluide. Reste qu’entre les deux textes, c’est davantage le second, qui met un responsable de la police aux prises avec une crise d’insomnie particulièrement troublante, qui m’a le plus accroché.

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