Beresford, Matthew. From Demons to Dracula

Au cœur d’une tradition sanglante qui se poursuit depuis des siècles, le vampire est un monstre pour lequel notre fascination ne semble jamais prendre fin. Du Dracula de Stoker à Buffy contre les vampires, ce séducteur amoureux du sang hante la culture populaire et se niche dans les recoins les plus sombres de notre imagination. From demons to Dracula se veut une histoire documenté du mythe du vampire, qui essaie d’expliquer les raisons de la fascination qu’exercent sur nous les buveurs de sang.

La maison d’édition m’ayant été conseillée par le directeur éditorial des Moutons Electriques, j’ai rapidement identifié parmi leur catalogue ce livre qui s’annonce comme une étude approfondie de la chose vampirique. Et si au final le matériau propose certains chapitres qui vont plus loin que ce qu’on croise habituellement sur le sujet – je pense notamment à la filiation Dracula / Vlad Tepes, force est de constater que l’ensemble est parfois à prendre avec des pincettes.

L’auteur s’est fixé un but de taille : mettre en exergue le basculement progressif du vampire, depuis son historique folklorique et mythologique jusqu’à son entrée dans la pop culture. On appréciera ainsi de nombreux chapitres sur les pratiques funéraires pré-mediévales, et les liens (même si parfois ténus) existant entre ces dernières et la peur des morts-vivants. Et si on peut reprocher à l’auteur de ne jamais définir clairement ce qu’il fait rentrer dans la case vampire (ce qui permet pas mal de libertés), le lecteur trouvera sans nul doute du grain à moudre en se plongeant dans cet essai, qui plus est assez bien illustré.

Le problème principal est surtout lié à pas mal d’assertions non vérifiées, voire à des erreurs évidentes (la fin du film de Coppola étant une des plus marquantes, l’auteur amalgamant le roman de Stoker et le film, alors que le film de Coppola se termine au moment où Mina décapite Dracula). Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Au fil du livre, se détache peu à peu certaines des sources de l’auteur, parmi lesquelles nul autre Sean Manchester, impliqué dans le cas du vampire de Highgate. Ce qui, même si l’auteur essaie de rester objectif, a tendance à biaiser quelque peu le propos (même si d’autres sources moins sulfureuses, comme Elizabeth Miller, sont également citées en remerciement).

Le livre reste bien construit, écrit de manière fluide et propose, en fonction des chapitres, d’intéressantes idées sur l’évolution du mythe, mais l’absence de références détaillées sur certains points, et le manque de recul vis à vis des sources passées au crible pénalise l’ensemble. Avec une connaissance déjà certaine du sujet, il est aisé de faire le tri, mais du coup il s’avère difficile de conseiller le livre aux néophytes.

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