Konami. Castlevania : Lords of Shadow. 2010

En 2010, Lords of Shadow marque un tournant dans l’histoire de la série Castlevania, déjà riche d’une d’une trentaine d’opus (si on inclut tous les supports et les hors-séries), depuis Akumajō Dracula, sorti en 1986. Il s’agit donc autant d’une des séries vidéo-ludiques parmi les plus anciennes mais aussi les plus vastes. Mais si on pouvait tisser une trame commune (à quelques exceptions près) entre les précédents opus, Lords of Shadow reboote purement et simplement la série, que ce soit au niveau de l’histoire ou du gameplay.

L’histoire commence alors que Gabriel Belmont, membre de la Confrérie de la Lumière, vient de perdre sa femme, assassinée par de mystérieux adorateurs du mal. Les aînés de la confrérie , guidés par une prophétie, l’envoient à la recherche d’un ancien dieu, capable autant de lui offrir l’opportunité de revoir sa femme une dernière fois que de mettre fin à l’âge sombre qui s’est abattu sur le monde. Un âge sombre où morts-vivants, loups-garous et zombies voient leurs cohortes s’étoffer, et leur règne de terreur devenir une réalité. Mais un homme seul est-il en mesure de juguler le mal et d’affronter les responsables de ce basculement ?

Ma connaissance de l’univers de Castlevania était jusque-là limitée aux différents opus sortis sur DS, sachant que je n’avais pas forcément (loin s’en faut) pris le temps de m’immerger dans ces différents opus. Quoi de mieux, du coup, qu’attendre ce reboot sur PS3 pour me frotter à l’univers ?

Car reboot il y a, assurément, même si le nom du personnage principal, Belmont, renvoie à la famille dont on incarne les différentes générations dans la saga d’origine, famille vouée à exterminer Dracula et ses séides. Lequel Dracula est d’ailleurs totalement absent de cet opus, même si les vampires sont de la partie. Le personnage central se retrouve ici plongé dans une intrigue d’envergure à laquelle il ne comprend au début pas grand chose. Armé d’un artefact évolutif (la croix de combat) conçu par l’armurier Gandolfi, Gabriel sera en mesure de lutter à armes égales contre les différentes créatures qui croiseront son chemin. La croix est en effet en mesure de servir de grappin, d’arme au corps à corps et à distance, et s’associe en combo avec d’autres objets et pouvoir ramassés au fil du jeu. Le héros qu’incarne le joueur se voit enfin doté de deux formes de magies : une magie de lumière, davantage axée sur la défense et le soin, et une magie de l’ombre, axée sur l’attaque.

Le système de jeu est basé sur une vue à la 3e personne du personnage (ce qui est également une grosse évolution avec les Castlevania passés, où le personnage était présenté en vue de profil). La caméra est en outre automatique, ce qui renforce l’inspiration God of War du jeu. Il ne s’agit pas ici d’un open world à la GTA, mais d’un jeu avec un scénario central et unique, rythmé par plusieurs grands chapitres, qui s’accompagnent de leurs lots de cinématiques, ennemis (et boss de milieu/fin de niveau) et puzzle (sachant qu’en payant avec les crédits qu’ils gagne à chaque fin de niveau, le joueur peu choisir de passer outre la résolution du puzzle).

Difficile de parler de Lords of Shadow sans aborder la question de la bande son, particulièrement réussie. Elle plonge le joueur dans une ambiance gothique très épique, avec de nombreux temps forts (sans pour autant s’avérer répétitive). Il s’agit d’une création d’Óscar Araujo (que les gamers PC ont déjà croisé en 2001 au détour du jeu Severance : Blade of Darkness), qui dirige pour l’occasion un orchestre symphonique de 120 personnes. Néanmoins, quelques titres s’avèrent intégrer des réorchestration de titres plus anciens de la franchise.

Côté vampires, les buveurs de sang s’avèrent être une des races de créatures avec laquelle Gabriel aura maille à partir. Il s’agit de créatures assez classiques, qui craignent la lumière du soleil (ce qui sera utilisé dans le jeu), les symboles religieux (crucifix, eau bénite), et peuvent être détruites rapidement si on leur enfonce un pieu en plein cœur. Sachant que l’entité à la tête de cette espèce n’est autre que Carmilla, dotée d’une puissance magique colossale, qui lui a permis d’imposer une nuit sans fin sur ses terres. Cette dernière possède une fille, Laura (le clin d’œil au roman de Le Fanu est doublement présent, donc, même si un peu ajusté). Elle est également secondée par deux frères vampires, Brauner et Olrox. Le joueur croise également d’autres créatures proches des vampires, au fil des niveaux. Tels que les chupacabras (même s’ils ont une mythologie différente de celle qu’on leur connaît, et se contentent ici de voler les possessions du héros), les goules, les revenants, dont une partie craignent l’eau bénite et peuvent être détruits si on leur enfonce une arme en plein cœur.

Le jeu s’avère au final franchement prenant, l’immersion étant quasi immédiate. Le système de QTE (Quick Time Event) qui se présentent régulièrement (et offre au joueur pas mal de mini-vidéos particulièrement bien intégrées dans le déroulement de l’action – mention spéciale pour la fin du combat contre Brauner – est très réussi et représente à lui seul un des points forts du jeu. De même que les boss, qui demandent souvent plus de réflexion que de force brute pour être anéantis. En bref, un très bon cru qui remet l’univers de Castlevania au goût du jour.

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