Coopman, Cathy. Interview avec l’auteur des Poussières de l’Aube

Bonjour Cathy. Pouvez-vous vous présenter pour les internautes de Vampirisme.com ?

Bonjour à tous. J’ai passé ma petite enfance en Ecosse à Arbroath et vers l’âge de six ans, mes parents et moi sommes rentrés en France. Plus tard, avec un bac scientifique en poche, je suis partie faire des études cinématographiques à Paris. En parallèle, j’ai étudié à l’école du Louvre et j’ai commencé à traîner mes guêtres sur les plateaux de tournage en tant que scripte : le bras droit du réalisateur et la mémoire du film. Ce qui est assez ironique car mon surnom est « poisson rouge », j’ai trois secondes de mémoire et elle est très sélective… J’ai ensuite appris le métier de productrice sur le tas et créé ma société de production.

Depuis trois ans, j’ai levé le pied et je me suis éloignée du milieu de l’audiovisuel pour atteindre d’autres rêves. Il était temps pour moi de passer de l’autre côté du miroir. Bien entendu, écrire c’est très libérateur et enrichissant intellectuellement, mais c’est loin d’être suffisant pour payer les factures. Donc pour pallier ce petit souci, je donne des formations professionnelles de production de films ; cela ne me prend qu’une petite dizaine d’heures par semaine et le reste du temps, je le consacre à l’écriture et à la réalisation d’autres rêves…

Votre roman Les poussières de l’aube est sorti il y a quelques semaines. Pouvez-vous nous expliquer la genèse de ce projet ?

L’idée générale de la saga Des chroniques de Susylee m’est apparue comme une évidence le 1er avril 2011, non ce n’est pas une blague. Pourquoi ou comment, aucune idée… Ensuite, tout s’est enchaîné très vite. L’été de la même année, j’ai écrit d’une traite les douze chapitres que j’ai envoyé à quelques amis pour avis. Ils m’ont alors suggéré de faire publier le manuscrit. Ce n’était pas au départ mon but, j’avais juste besoin de sortir cette histoire de ma tête.

Je me suis laissé convaincre et j’ai commencé mes recherches d’éditeurs spécialisés dans la littérature vampirique. C’est comme ça que j’ai découvert le site vampirisme.com. En lisant quelques chroniques, j’en ai profité pour relever le nom des maisons d’édition et en mars 2012, au salon du livre de Paris, j’ai complété ma liste d’éditeurs. Je leur ai alors envoyé une présentation de la saga et le manuscrit du premier tome : Les poussières de l’aube.

À la rentrée de septembre, aucune réponse. J’ai donc fait une relance et là, Philippe Ward de chez Rivière Blanche a dit : « J’aime beaucoup votre roman, si vous le souhaitez, je le publie ». Je n’en croyais pas mes yeux ! C’est ainsi qu’en février 2013, le premier tome de la saga a vu le jour ou la nuit… et qu’un rêve, non prévu, s’est réalisé.

Vous mêlez faits historiques et fiction. De ce fait, l’héroïne Susylee croise différents personnages plus ou moins connus du XXème siècle. Pourquoi être parti d’une base réelle pour votre récit ?

Les vampires sont-ils réels ou juste imaginaires ? Ce n’est pas parce que je n’en ai encore jamais rencontré qu’ils n’existent pas, non ? Donc ils pourraient tout à fait être réels au même titre que les personnages dits historiques ?

À l’école, je détestais les cours d’histoire préférant ceux de géographie. On mettait toujours en avant les faits tragiques et trop rarement les faits historiques positifs. J’étais incapable de m’intéresser à ces figures de l’histoire et à leurs préoccupations du moment qui étaient si loin des miennes. J’ai fait un blocage stupide ou alors on n’avait pas su me montrer les choses de manière à ce que je puisse les comprendre…

En tant que lectrice ou spectatrice, j’aime me laisser emporter par l’histoire et m’identifier aux personnages alors quand la fiction (ou l’imaginaire) se mélange judicieusement avec la réalité, je trouve cela plus facile d’y parvenir. Je me suis bien amusée à revisiter l’histoire, à la détourner, à rendre certains personnages historiques plus accessibles. C’est ma façon à moi de me réconcilier avec mes cours d’histoire et qui sait de donner envie aux autres de s’y intéresser de plus près. Tous les faits et personnages historiques relatés dans mon roman sont véridiques, je les ai juste arrangés à ma sauce vampire.

Au cours de ma lecture, un personnage a retenu mon attention : le traqueur. Ce personnage croisé à Paris auquel vous avez donné le nom de Jacques Sirgent. Toute personne s’intéressant au mythe du vampire connait cet auteur et passionné. Comment ce choix s’est -il fait ? Et pourquoi avoir choisi le rôle d’un méchant ?

J’ai rencontré Jacques Sirgent dans son Musée du vampire. J’ai un très bon souvenir de cette soirée même si je ne lui ai pratiquement pas parlé, il m’impressionnait beaucoup. Alors même qu’il était en face de moi, je me demandais s’il était bien réel. À l’époque, je n’avais pas encore l’idée de cette saga vampirique. Mais quand j’ai commencé à créer mes personnages et à leur donner des noms, celui de Jacques m’est revenu à l’esprit. C’est une personne qui m’a beaucoup marqué et je voulais d’une certaine manière lui rendre hommage.

Quand je me suis promenée dans les allées du salon du livre 2012 à la recherche de mon éditeur, je suis tombée sur une exposition réalisée par Jacques Sirgent, j’y ai vu comme un signe du destin. Je ne sais pas s’il connaît l’existence de mon roman, je n’ai jamais osé lui en parler, un jour peut-être.

Quant au fait qu’il incarne un personnage de « méchant », je ne suis pas tout à fait d’accord. Mon Traqueur est un simple être humain avec ses qualités et ses défauts. Il veut venger la mort de son père et tuer le responsable, qui pourrait l’en blâmer ? Est-ce que cela fait de lui forcément un méchant, je ne pense pas. Jacques Sirgent est bien un être humain et il est bien réel.

Votre histoire change quelque peu de celles que l’on peut lire actuellement. Tout pourrait être simple et facile mais ce n’est pas ce que vous avez choisi. Pourquoi avoir voulu autant tourmenter et maltraiter vos personnages ?

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? La vie, la mort et les gens ne sont pas si simples qu’ils ne le laissent paraître. C’est intéressant et surprenant comme point de vue, je n’étais pas rendu compte que mes personnages étaient si tourmentés et que je les maltraitais, oups désolée. J’adore les personnages complexes, ambigus et non linéaires. Ils me semblent plus riches et plus intéressants.

J’aime que les personnages évoluent, qu’ils ne soient pas forcément tout bons ou tout gentils, qu’ils aient le droit de changer d’avis, de cette manière on s’attache à eux et on est toujours surpris car on ne sait jamais quelle directions ils vont choisir. Généralement, on me considère comme une personne plutôt joyeuse et positive, peut-être que mes personnages représentent ma face cachée, mon côté sombre et obscur…

Quel regard portez-vous sur l’évolution du vampire en littérature ces dernières années ?

Alors là cela va m’être très difficile de répondre à cette question car je dois avouer que je ne lis pratiquement pas de littérature vampirique. Je n’ai même pas encore fini de lire Dracula de Bram Stoker, ses longues descriptions et le manque d’action ont eu raison de moi. Mais c’est promis, je vais me rattraper.

Quelles sont vos premières et dernières rencontres avec un vampire (littéraire et / ou cinématographique) ?

Ma première rencontre littéraire avec un vampire s’est fait grâce à la série télévisée True Blood. Je n’en pouvais plus d’attendre que la série se tourne et qu’elle soit enfin diffusée alors j’ai pris les devants en lisant toute la série des dix premiers livres de La communauté du Sud en un mois. Un record pour moi.

Ma première rencontre cinématographique avec un vampire a été avec la chasseuse Buffy et ses deux amoureux Angel et Spike, mon préféré.

Ma dernière rencontre littéraire : Dracula de Bram Stoker, pas encore fini, mais comme je termine toujours ce que j’ai commencé…

Ma dernière rencontre cinématographique : Abraham Lincoln, chasseur de vampire, une déception énorme. Mon héros d’entre tous les héros, Lincoln, est décrit d’une façon qui est ni fait ni à faire et quant aux vampires, mais c’est quoi ces monstres horribles et mal faits. 13,50 € pour cette merde, j’en ai encore mal au porte-monnaie. Pardon pour ceux qui ont aimé mais je suis franche du collier et cet avis n’engage que moi.

Pour vous, comment peut-on analyser le mythe du vampire? Qu’est ce qui en fait la pérennité ?

Analyser le mythe du vampire, vos questions sont de plus en plus difficiles, elles me plongent dans de ces abîmes… Le vampire est-il juste un mythe ? Je suis un peu scientifique et jusqu’à preuve du contraire, on ne m’a pas encore prouvé qu’ils n’existaient pas… Attention, je ne suis pas une fanatique qui croit en eux aveuglément, j’attends juste une preuve de leur non-existence ou pas, c’est tout.

Quant aux raisons de sa pérennité, je n’ose pas trop m’avancer sur ce chemin branlant. Je vais tout simplement dire que pour moi les vampires sont une sorte d’alter ego. Une représentation du côté sombre de l’humanité par certains aspects et pour d’autres ils répondent parfaitement à ma quête d’immortalité.

La suite des Poussières de l’Aube est-elle dors et déjà en cours ?

Oui, la suite est déjà en route, les trois premiers chapitres sont écrits et la trame et terminée, je dois juste prendre le temps de rédiger le reste. À la fin de l’été, je pense que le roman sera terminé. Je ne vais pas vous dévoiler le contenu de l’histoire, mais je peux vous dire que la quête de Susylee va se poursuivre principalement au Vietnam, le pays des fantômes et des esprits.

Avez-vous encore des projets de livres sur ce même thème ? Quelle va être votre actualité dans les semaines et les mois à venir ?

Oui plein ! Poursuivre la saga Des chroniques de Susylee aussi longtemps que les lecteurs le souhaiteront et que mon envie sera là. J’ai également une autre idée qui commence à bien prendre forme mais cette fois-ci mon héroïne ne sera pas une vampire mais une enfant de la lune de 22 ans. Elle vit la nuit à cause de sa maladie et, bien entendu, elle va rencontrer sur son chemin de vie des vampires et autres êtres immortels.

Mon actualité : un marché du livre le 25 avril, une présentation du livre le 6 mai face à des femmes d’un club privé et un petit tour aux Futuriales en juin. Pour le reste, on verra bien ce que le destin me proposera.

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