Sasdy, Peter. Comtesse Dracula. 1971

Récemment devenue veuve, la vieille comtesse Elisabeth enrage dans son château, s’estimant spoliée de devoir partager les possessions de son mari avec leur fille Ilona. Alors que cette dernière fait route vers le château, la comtesse découvre par accident que le sang lui redonne sa jeunesse et sa beauté d’antan. Aidée de sa femme de chambre et d’un noble qui a des vues sur elle depuis longtemps, elle va dès lors accumuler les meurtres pour rester jeune, et charmer le fils du meilleur ami de son défunt mari.

Pour beaucoup, le film de Peter Sasdy est un des long métrage les plus réussi de la Hammer. Si je n’ai pas eu encore l’occasion de voir toutes les productions du studio, force est d’avouer que ce film est un très bon cru. Déjà parce que si les moyens semblent plus conséquents, le film sait aussi ne pas trop en faire, et jouer davantage sur la mise en scène (c’est particulièrement le cas lors des scènes où Ingrid Pitt passe de la vieillesse à la jeunesse) que sur les effets.

Comme pour beaucoup de films mettant en scène la comtesse, c’est l’actrice principale qui prédomine, mais le jeu de miroir entre la vieille comtesse acariâtre et meurtrière et son pendant juvénile est pour le moins intéressant et réussi. Ce qui ne lui empêche pas de donner de la place aux autres personnages. La plupart des autres acteurs s’en sortent à cet égard très bien, et contribuent à crédibiliser l’ensemble par un jeu sobre mais efficace (notamment Nigel Green, qui campe le capitaine Dobi).

Une fois de plus, on reconnaît d’emblée la touche Hammer dans les décors et les costumes qui, s’ils sont en net décalage avec la réalité historique (comme pour le Dracula de Fisher, on est davantage dans une ambiance forêt noire qu’Europe de l’Est), n’en permettent pas moins de mettre sur pied une ambiance qui reste cohérente. Film de studio oblige, le nombre de lieux est assez réduit, même si plus nombreux que dans les premières productions fantastiques de la maison Hammer. Ils sont en tout cas assez nombreux pour permettre de poser les différents personnages et les sous-intrigues qui tissent leur fil.

C’est un des rares films mettant en scène la comtesse Bathory ou la part fantastique est plus que suggérée. En effet, suite à un incident, la comtesse comprend qu’elle peut retrouver sa jeunesse en s’aspergeant de sang. A l’instar d’un vampire qui lui doit s’abreuver de sang pour conserver sa force et survivre. Reste que pour la comtesse, la jeunesse va devenir rapidement une drogue quasi vitale. A noter, enfin, que l’origine du titre ne trouve sa justification que dans les derniers instants du film, de manière peu crédible. Mais bon, la maison voulait peut-être signaler par là au fan une certaine filiation avec la série de films mettant en scène le duo Cushing-Lee.

Un film typique de la maison anglaise, plus sulfureux que ses prédécesseurs, sans pour autant sacrifier à la crédibilité du scénario et des personnages, parmi lesquels se détachent sans surprise le personnage joué par Ingrid Pitt. Moins épique qu’un Horror of Dracula, mais pas désagréable du tout. A noter que le film a été récemment réédité par Elephant Films, ce qui permet enfin de le revoir dans une qualité digne de ce nom, et surtout en VO sous-titrée, plutôt que dans la seule VF qui permettait jusque-là de voir le film par chez nous.

Sasdy, Peter. Comtesse Dracula. 1971Sasdy, Peter. Comtesse Dracula. 1971Sasdy, Peter. Comtesse Dracula. 1971

Une réponse à Sasdy, Peter. Comtesse Dracula. 1971

  1. Chastel dit :

    Pardonnez mon français… C’est mon Bathory film préféré. C’est une fiction complète, mais très bien faite. Peut-être Bathory était une sadique et une meurtrière, mais quelques-unes des histoires – le bain de sang, l’envie de la jeune beauté – est comme le conte de Grimm, n’est pas crédible.
    « I prefer you as you are, not parading yourself like some jaded young slut from whorehouse! »

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