Boll, Uwe. Bloodrayne 3 : The third Reich. 2010

Deuxième guerre mondiale, quelque part en Slovaquie. Bloodrayne a rejoint la résistance dans sa lutte contre l’Allemagne nazie. Malheureusement, à la faveur d’une attaque, elle asperge de son sang Ekart Brand, un commandant SS qui parvient à survivre et devient un vampire. Un savant spécialiste des expérimentations les plus atroces, à la recherche de l’immortalité qui permettraient aux troupes nazies de dominer le monde, confirme bientôt son état de non-mort, et envisage avec lui d’offrir ce pouvoir à Hilter et au Reich. Comprenant le danger qui peut en résulter, et le pouvoir que la condition de vampire est en mesure de conférer à Hitler et à sa clique, Rayne va tenter de l’arrêter. Mais seule, y parviendra t’elle ?

Uwe Boll est un des pires réalisateurs que le cinéma contemporain possède dans ses rangs. Abonné depuis des années aux adaptations désastreuses de jeux vidéos sur grand écran (Alone in the Dark, Far Cry, Bloodrayne 1, Bloodrayne 2…), le réalisateur est de retour pour une troisième adaptation du jeu vidéo Bloodrayne. Une licence qu’il a déjà bien enterré après un premier film miteux, et un deuxième (direct-to-dvd, ce qui laisse en général présager du pire) film ridicule.

Cette troisième adaptation allait-elle relever le niveau ? Il faut bien constater que non, Boll s’entêtant à proposer un film testostéroné sans aucun intérêt. Pas de background digne de ce nom (à part la naissance de Rayne, stock-shot qu’il nous ressert depuis le premier film), des dialogues sans intérêts, des acteurs aussi mauvais que mal dirigé, quand ils ne sont pas à la limite de la caricature (le savant nazi est une véritable image d’Épinal). Et un scénario qui flirte autant avec le cliché lourdingue qu’avec le vide intersidéral, tant il ne se passe finalement rien durant les 75 minutes que durent ce (trop) long-métrage. Des longueurs, des scènes inutiles ou téléphonées au possible, rien n’est finalement à sauver de ce gâchis. L’aspect nanard du précédent film disparaît même, devant ce film qui se prend trop au sérieux. Sans compter les incursions gores franchement ratées, tant les effets spéciaux sont miteux.

Une fois de plus, c’est donc Natassia Malthe, qui incarnait déjà Rayne dans le deuxième film, qui reprend les armes de la dhampyr, pour un résultat similaire, à savoir une jolie démonstration de sa plastique. Une expressivité à faire pâlir de jalousie Steven Seagall, qui pourrait trouver en elle une rivale à sa mesure, des chorégraphies pas vraiment réussies (la caméra est brouillonne dans la plupart des scènes de combats), une scène lesbienne qui en remet une couche et semble avoir été ajouté là juste pour faire saliver le mâle en rut. Bref, ce n’est donc pas le rôle titre qui parvient à élever le niveau.

Rayne est donc une dhampyr, dont la mère est une mortelle et le père un vampire. De ce fait, elle possède les capacités et régénérations et la force physique d’en vampire sans en ressentir les faiblesses. La lumière du jour, l’eau bénite, les crucifix n’ont aucun effet sur elle, mais parviennent sans difficultés à repousser ou blesser les vrais vampires. On assistera au cours du film à la naissance d’un vampire qui a été infecté par le sang de Rayne, dont les capacités semblent lui avoir été transmis (même si le film n’est pas très clair à ce niveau). Pour le reste, les vampires semblent réellement pouvoir être détruit si on les décapite ou on leur enfonce un pieu en plein coeur.

Après deux films catastrophiques, Uwe Boll persiste et signe avec ce nouvel opus qui suinte l’échec par tout les pores, depuis la réalisation jusqu’au scénario, en passant par le jeu des acteurs. Une pétition avait été initiée sur internet pour encourager Boll à stopper sa carrière. Dommage qu’il ne l’ait pas écouté, parce que là c’est de pire en pire. Là ou Ed Wood avait un côté amusant, Boll ennuie en se prenant définitivement trop au sérieux, manquant le coche film après film…


Boll, Uwe. Bloodrayne 3 : The third Reich. 2010
Boll, Uwe. Bloodrayne 3 : The third Reich. 2010
Boll, Uwe. Bloodrayne 3 : The third Reich. 2010

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