Sirgent, Jacques. Les Voleurs d’âmes

Dans ce roman autobiographique, Jacques Sirgent nous entraîne dans un cauchemar digne de la littérature fantastique des XIXe et XXe siècles. Dans les pas de Hanns Heinz Ewers et d’Arthur Machen, il nous entraîne dans une enquête qui le mène au cœur du cimetière du Père-Lachaise, à la rencontre des fantômes de Vlad Tepes et de la comtesse Bathory. La Ville-Lumière cacherait-elle les corps de ces deux maudits ? C’est l’intrigue de la première partie, Le Tombeau de Drakula. Et qui est donc la mystérieuse Clotilde de Mortsauve ? La réponse se trouve dans la deuxième partie des Voleurs d’âmes(s). Vous ne reviendrez pas indemne de cette lecture.

J’avais à l’origine chroniqué le premier volet de ce dyptique à l’occasion d’une visite au musée des vampires, il y a quelques années de cela. N’ayant jamais réussi à me procurer le second tome, c’est avec un intérêt certain que j’ai commencé la lecture de cette réédition proposée par les Editions Camion Noir, qui poursuivent donc avec ce nouvel opus leurs sorties vampiriques (et leurs sorties d’ouvrages écrits par Jacques Sirgent par la même occasion).

La première partie du roman (constitué en fait du tome Le tombeau de Drakula, précédemment édité Chez L’Anomalie) nous entraîne dans une enquête sur la localisation de la dépouille de Vlad Tepes, en situant celle-ci dans une tombe du Père Lachaise. Suite à sa rencontre avec un mystérieux barman aux allures de Nosferatu, Jacques Sirgent va ainsi tenter de remonter la piste jusqu’à la mystérieuse tombe, protégée par une secte d’adorateurs aux raisons obscures. Il va notamment parvenir à mettre la main sur quelques reliques que ces adorateurs vont essayer par tous les moyens de lui reprendre.

La seconde partie du roman, Clothilde de Mortsauve, commence quelques jours après que ne s’achève le tombeau de Drakula. L’auteur-narrateur va peu à peu découvrir quelle réalité se cache derrière les péripéties draculéennes qui lui sont arrivés, et faire la connaissance de celle qui, dans l’ombre, tire les ficelles, derrière laquelle se profile une autre figure historique vampirique.

Ces deux romans sont ainsi l’occasion pour le lecteur de découvrir le cimetière du Père Lachaise sous l’angle de l’étrange et du mythique, guidé par un érudit qui a décidé de vouer sa vie à la reconnaissance du mythe du vampire. Le lecteur va ainsi parcourir les allées du fameux cimetière parisien, découvrant en même temps que son guide les hasards et mystères qui sont dissimulés entre les stèles et les caveaux centenaires, découvrant les hasards des voisinages entre des tombes, pénétrant peu à peu les mystères du cimetière pour parvenir à localiser la fameuse tombe, celle qui aurait recueilli, quelques années après la publication du roman de Stoker, les restes du sinistrement célèbre comte roumain.

Si je ne suis pas toujours convaincu par le style de l’auteur quand il aborde le genre de l’essai, j’ai assez vite trouvé mes marques dans cette fiction qui met d’emblée le lecteur face au doute réalité-fiction. En se mettant en scène, et en introduisant son récit par des avertissements appuyant la véracité des faits narrés, Jacques Sirgent donne du corps au texte, faisant osciller le lecteur entre onirisme, fantastique et réalité. On retrouve cette prédisposition de l’auteur à bondir entre les sujets, mais la narration permet à l’auteur de conserver une ligne directrice. L’ouvrages regorge par ailleurs de nombreuses références (notamment la seconde partie, dans laquelle j’ai retrouvé certains éléments abordé dans son récent ouvrage paru aux Editions Juste pour lire) et apparaît au final comme une sympathique carte de visite du Musée des vampires.

Ce roman ne fait que peu cas des caractères du vampire, si ce n’est de la symbolique rattachée aux infants de la nuit. Chauve-souris, absences et dénaturations de symboles religieux (croix renversées, etc.) vont ainsi conduire l’auteur jusqu’à la découverte auquel il aspirait tant. Une découverte qui risque de lui causer bien des tracas, les adorateurs du lieu n’entendant pas qu’on bafoue aussi facilement leurs secrets. On appréciera par ailleurs les références liées à Vlad Tepes, l’auteur allant jusqu’à débusquer parmi les tombes du Père Lachaise celle qui contient les restes du comte. On croisera également la présence de la comtesse Bathory, dont la réputation a contribué à son influence sur le mythe littéraire du vampire.

Un roman certes décalé, rédigé par le directeur du Musée des Vampires, qui nous entraîne avec passion à travers les tombes d’un cimetière légendaire, où la fiction et la réalité peuvent parfois se confondre. Mais tout cela est-il réellement le fruit du hasard ?

3 réponses à Sirgent, Jacques. Les Voleurs d’âmes

  1. jacques sirgent dit :

    Bonjour je tiens encore a vous remercier pour la qualité de votre travail et la beauté sobre de votre page.

    Le musée des vampires déménage donc en novembre dans un ancien monastère de XIIème siecle dans le Var et aimerait associer dans son nouveau site des partenaires amoureux de littérature fantastique.

    En espérant que vous voudrez bien vous associer a ce projet par un échange de liens par exemple et en acceptant l’invitation à la prochaine réunion internationale d’écrivains, je vous souhaite une bonne et heureuse journée

    Jacques Sirgent

  2. marion dit :

    bonjour je voudrais savoir quelle sera la tome 2 de voleur d’ame

  3. vladkergan dit :

    Ce volume-ci contient les tome 1 et 2 de la série. Initialement j’avais cru lire que celle-ci allait être prévu en trois opus, mais je n’ai pas d’autres informations depuis.

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