Locke, Kate. God Save the Queen

Dans un monde où une bactérie a figé l’Angleterre en pleine époque victorienne et peu à peu contribué à l’émergence d’une aristocratie que se partagent vampires et loup-garous, Alexandra Vardan officie en tant que membre de la Garde royale d’une Victoria devenue créature de la nuit. Lorsque sa sœur disparaît derrière les murs de l’asile de Bedlam, la jeune femme, incrédule, évente un secret dont les ramifications semblent profondément pénétrer le royaume. Ceux qu’elle a toujours pris pour ses amis et alliés sont-ils encore de confiance ?

L’annonce de cette nouvelle série uchronique victorienne chez Orbit, alors que s’achève Le protectorat de l’Ombrelle, avait de quoi attirer l’amateur de cette période (et de ses accointances avec le vampire) que je suis. Je n’ai donc pas attendu bien longtemps pour me plonger dans ce premier volet, sorti de l’imagination et de la plume d’une nouvelle venue dans le monde des littératures de l’imaginaire (c’est le premier roman de Kate Locke).

Le pitch de base, qui annonçait un monde victorien déplacé à l’ère moderne, semblait assez prometteur. D’autant que les premières pages laissent espérer un petit côté steampunk savoureux. Pourtant, c’est essentiellement au niveau de ce contexte et de l’univers dans lequel évoluent les personnages, que le bât blesse. Car si on le perçoit par petites touches, force est d’avouer que le contexte est quasiment transparent. On ne ressent en effet qu’en de très rares occasions l’ambiance victorienne et les différentes espèces semblent fonctionner en vase clos.

Pour autant, les personnages ne manquent pas de charme, ce qui permet de se faire peu à peu aux faiblesses précédemment évoquées, l’essentiel du scénario se concentrant sur les relations entre les différents protagonistes, et sur  une galerie assez variée de caractères, parfois un peu long à révéler leur potentiel, mais le scénario est bien ficelé et les révélations au-devant desquelles ira l’héroïne donnent sans mal du grain à moudre aux lecteurs.

Comme toutes les autres créatures de l’univers (loups-garous et gobelins), les vampires sont issus d’une mutation consécutive à la propagation d’une bactérie, la Yersinia pestis, que les porteurs ont en quelque sorte réussi à canaliser. Le reste est affaire de génétique, les vampires naissant de l’accouplement entre porteurs de gènes. Les vampires ont pour eux une forte capacité de régénération, et une longévité hors de commun. Ils possèdent quelques capacités complémentaires, comme celle de rétracter leurs dents à volonté et craignent la lumière du soleil (c’est l’espèce née de la Yersinia pestis qui y est la plus sensible).

Une nouvelle série au synopsis prometteur, mais je ne suis pas totalement convaincu par ce premier opus. De bonnes idées trop peu utilisées, ce qui n’empêche pas la lecture d’être agréable… et au final peu marquante malgré un travail poussé pour crédibiliser l’aspect virologique sous-tendu. J’attends de voir si, avec les prochains tomes, l’auteur saura davantage se reposer sur l’univers qui entoure ses personnages et lui accorder une plus grande attention, il le mérite.

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