Lafleur, Astrid. Le choix d'une vie, tome 1. Entre rêve et réalité

Deux vies… Deux êtres à part… D’un côté, Kyara… humaine, brillante étudiante, bien entourée par sa famille et ses amis : Gwen et Marco, sa vie n’est que bonheur jusqu’au jour où d’étranges évènements apparaitront dans son quotidien et, entre autres, des visions… De l’autre, Kay… mi sorcière mi vampire, elle combat les êtres de son espèce qui agissent contre les mortels, accompagnée de Gaïa, sa meilleure amie sorcière et Meven, son « sauveur » lors de sa transformation et intégralement vampire… Entre rêve et réalité, comment deux natures aussi différentes réagiront-elles face au choix d’une vie ?

Voilà un roman au résumé pour le moins original. En effet, on est assez vite intrigué par cette double narration, chacune des histoires étant, dans un premier temps, complètement distincte, sans lien possible (sauf aux observateurs). On suit donc la vie de deux personnages, une jeune étudiante et une vampire, qui ont chacun leurs amis et une vie bien remplie. Si les passages réalistes, qui mettent dont en scène Kyara fleurent bon la romance adolescente insouciante, malgré une pointe de mystère, la partie vampirique qui met en scène Kay est très influencée par la Bitlit. Le personnage de Kay, hybride vampire-sorcière, est en effet un pur produit du genre, qui plus est attelé à la tâche de détruire les vampires qui s’en prennent aux humains.

Si l’histoire est plaisante (même si certains rebondissements, dont le final sont un peu réchauffés), j’avoue avoir eu un peu de mal à finir ma lecture, certains passages étant un peu longuet (la partie fantastique est très répétitive). La plume d’Astrid Lafleur est loin d’être désagréable mais il manque sans doute un petit grain de folie, un je ne sais quoi qui casserait un peu le côté très carré de l’ensemble. Même une fois les deux trames rassemblées, l’histoire se poursuit sans réelle surprise, et c’est peut-être ça qui au final m’a posé le plus de souci. Car l’idée qui porte la trame de ce premier opus est en soit assez originale, c’est simplement dommage de la voir se clore de cette façon, à moins que l’auteur nous réserve encore quelques surprises à ce sujet dans la suite de sa trilogie.

Les vampires mis en scène dans ce premier opus obéissent globalement aux grands codes du genre. Ils sont ainsi avides de sang (même s’ils peuvent se contenter de sang d’animaux), ne supportent pas la lumière du jour et ne peuvent être tué que s’ils sont décapités et brûlés. Chaque vampire est doué de faculté supplémentaire (l’un des vampires de la trilogie étant ainsi capable de voler) et, passé un certain âge, ils sont également doués du pouvoir de métamorphose (même s’ils sont limités dans leurs choix de transformation). L’originalité a ici surtout trait à Kay qui, en raison de son statut d’hybride, est capable de marcher en pleine lumière.

Un premier opus qui ne manque pas d’une certaine fraîcheur mais aurait gagné à être moins répétitif et à proposer des rebondissements plus surprenants. S’agissant d’un premier roman, il y a ceci dit fort à parier que l’auteur évolue dans le bon sens, et fasse prendre de l’ampleur à son histoire, qu’elle a prévu de faire durer sur une trilogie. Bon point également aux Editions de Broca, qui ont choisi d’éditer une jeune auteur alors que la Bitlit française à peu de visibilité, contrairement aux romans des auteurs américains.

2 réponses à Lafleur, Astrid. Le choix d'une vie, tome 1. Entre rêve et réalité

  1. Asmodée dit :

    Ce premier tome de la série "Le choix d’une vie" est une agréable surprise. Recélant de bonnes idées par le biais du parcours parallèle de ses deux héroïnes et la notion d’hybride (croisement d’une sorcière et d’un vampire), le roman se lit très facilement. Léger, le style se veut accessible et s’inscrit dans une certaine modernité, ce qui lui confère une fraîcheur bienvenue comme spécifié dans la chronique. Il s’agit de la première œuvre d’une jeune auteure, et il en découle un léger manque d’assurance sur la forme qui n’est en rien préjudiciable au cours de la lecture.

    Cependant il ne faut pas s’y tromper : les personnages développés par Astrid Lafleur sont très vivants et les dialogues contribuent à apporter une touche de fun. La galerie de protagonistes est éclectique, avec une exploitation judicieuse de leurs pouvoirs respectifs. L’impression générale rappel souvent certaines séries tv américaines, avec une intrigue bien pensée.

    Exercice moins aisé qu’il n’y parait aux premiers abords, l’auteure réussi à s’approprier les codes propres au genre bit-lit et brasse plusieurs figures fantastiques tels que les vampires ou les sorcières. Certains passages peuvent paraître un tantinet redondants, comme par exemple le recrutement systématique de vampires dans le giron du groupe des héros (Kyria cherche à grossir les rangs de ses troupes) et les scènes de combat qui s’ensuivent contre les buveurs de sang récalcitrants. Néanmoins, l’insistance sur ces points-là permet de pénétrer au sein de l’univers dans lequel évolue Kyara et sa bande, de mieux comprendre leur objectif – à savoir protéger les humains des exactions d’immortels peu scrupuleux.

    Le cadre européen – la ville d’Hambourg notamment – dans lequel se déroule l’histoire constitue l’un des éléments originaux cités plus haut. Le ton un peu innocent qui se dégage de l’ensemble se veut plaisant une fois familiarisé avec et donne envie de suivre les péripéties des "deux héroïnes" contraintes de prendre une décision délicate.

    À l’heure actuelle, peu d’auteurs français prennent le pari d’explorer les thèmes de l’urban-fantasy et de la bit-lit de façon romancée. On peut donc saluer l’auteure pour son excursion dans ce domaine. La série "Le choix d’une vie" se destine en priorité à un lectorat féminin, tout en parvenant à s’adresser dans le même temps à un public bien plus vaste et amateur d’histoires fantastiques.

    Un premier tome au charme indéniable, qui donne envie de découvrir le second opus prévu pour bientôt dans le courant de l’année. Une série bit-lit agréable et prometteuse donc, novatrice et à l’accent francophone. A noter que ce roman va prochainement se voir doter par une toute nouvelle couverture.

  2. Astrid dit :

    Petite rectification du message d’Asmodée… Il s’agit de Kyara, l’humaine et de Kay, la mi sorcière, mi vampire, qui recrute lors de ses missions d’autres vampires. Les prénoms peuvent prêter à confusion mais ceci est voulu ;o).

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