Dans ce cinquième opus de la saga de fantasy de Stephen King, le Pistolero Roland de Gilead et ses compagnons acceptent de venir aider les habitants d’un village, appelé Calla Bryn Sturgis, victimes de raids périodiques d’hommes sanguinaires, surnommés les Loups, qui enlèvent des enfants. Ils sont notamment sollicités par Don Callahan, un prêtre défroqué qui cache de lourds secrets et un sombre passé.
La dimension vampirique du roman est incarnée principalement par ce père Callahan, l’un des protagonistes du roman Salem, dans lequel il luttait contre une sorte de roi des vampires, Barlow. Ayant voyagé entre les mondes, il a fini par se fixer à la Calla. Il raconte une partie de son passé aux pistoleros, évoquant notamment sa rencontre avec des vampires à New York durant ses années d’errance et d’alcoolisme.
Au fil du temps Callahan s’est mis à catégoriser les vampires. Les Type Un, comme Barlow, sont rares (pas plus d’une douzaine au monde, a priori), ce sont des créatures aux pouvoirs étendus, capables de passer de longues années (15, 100, 200) en hibernation et dotés d’une intelligence supérieure. Ils peuvent créer des vampires de Type Deux en les mordant, mais ceux-ci ne sont pas rusés. Ils ne peuvent pas sortir à la lumière du jour, et leur durée de vie semble plus courte que la normale. Ils créent d’autres vampires de Type Deux dans une zone géographique assez restreinte. Les Type Deux peuvent créer des Type Trois, lesquels ne peuvent pas créer de vampires, mais se nourrissent de sang, comme les moustiques. C’est d’ailleurs ainsi que les surnomme Callahan.
Les marques qu’ils impriment sur la peau de leurs victimes s’estompent rapidement, comme l’aura colorée évoquée précédemment. De même, ils semblent sécréter une enzyme qui provoque une amnésie courte et sélective sur leurs victimes, qui n’ont aucun souvenir de ce qui leur arrive. Ils ont juste une perte de temps de quelques minutes dans leur mémoire.
En faisant boire son sang à Salem, Barlow a permis à Callahan de voir des choses, de discerner ses semblables. Il entend des volées de cloches, un son horrible et doux à la fois, sent une forte odeur (semblable à celle d’oignons forts mélangés à du métal en fusion) et voit une lumière bleu foncé envelopper les vampires, puis leurs victimes lorsqu’ils les mordent. Et parfois c’est comme si l’obscurité tombait brusquement autour de lui, alors que la lumière du jour était toujours bien là. Heureusement pour lui, les vampires ne peuvent voir Callahan pour ce qu’il est, une sorte de voyant extralucide. Mais au bout d’un certain temps, ils ont entendu parler de lui, et ont commencé à marquer -avec des tags, par exemple- les lieux où il se rendait régulièrement, comme son banc favori à Central Park, le foyer pour alcooliques où il faisait du bénévolat.
Au final cette évocation encapsulée était à la fois intéressante par les caractéristiques vampiriques proposées et par le récit en lui-même, qui aurait pu faire l’objet d’une novellla ou d’un roman « à part ».
Couverture de Grégoire Hénon, illustrations intérieures de Bernie Wrightson.


