Ivy, Alexandra. Les gardiens de l’eternité, tome 2. Viper

Shay est la dernière de son espèce : moitié humaine, moitié Shalott. Son sang est un aphrodisiaque puissant. Lorsque Viper, le séduisant chef d’un clan de vampires, l’aperçoit dans une vente d’esclaves, il est pris d’une soudaine envie de la posséder. Aussi la ramène-t-il chez lui. Mais une entité maléfique poursuite Shay. Le sacrifice de cette dernière pourrait sauver l’espèce de Viper. Celui-ci est donc confronté à un terrible choix, mais l’amour qu’il ressent pour Shay est si fort qu’il est prêt à tout endurer.

Le premier tome m’avait laissé le goût amer d’une lecture qui n’était clairement pas faite pour moi. De la Paranormal Romance, pas vraiment ma tasse de thé, et une intrigue des plus secondaires vis-à-vis du côté romantique. Le principal défaut que j’avais trouvé au premier opus – à savoir les ellipses systématiques dès que de l’action approchait – ne se répète pas dans le deuxième, et en cela, c’est un mieux.

Cette fois, lorsque les conflits arrivent, les personnages l’affrontent, et on ne subit pas des sautes temporelles qui ne laissent la place qu’aux scènes sentimentales. Il y a des bagarres, et de vrais combats.

Cependant, la partie romance ne m’a pas convaincue du tout. Une héroïne forte tête, qui ne veut pas faire confiance au mort-vivant avec qui elle se retrouve obligée de faire équipe, pour qui elle nourrit des sentiments contradictoires, entre désir et dégoût, et à qui elle ne dit non que pour mieux écarter les jambes par la suite, pendant qu’on la poursuit pour essayer de la sacrifier. Ça vous rappelle quelque chose ? Moi ça me rappelle furieusement le tome 1, un peu trop furieusement, même.

Alexandra Ivy écrit bien, sincèrement, mais pas assez pour ne pas donner un aspect répétitif à cette suite. D’accord, Viper a les cheveux argentés et non noirs, et il est plus âgé que Dante, mais il est fait exactement sur le même moule. Ses pantalons en cuir, sa longue chevelure et ses sentiments naissants si extraordinaires. De l’auto-réchauffé, et c’est dommage.

Ce qui suit doit être lu en se rappelant que l’avis est subjectif, et qu’il vient de quelqu’un qui n’apprécie que peu le genre, mais je me dois quand même d’expliquer pourquoi cette série ne trouve pas grâce à mes yeux.

Au-delà du fait que les hommes qui portent des pantalons en cuir et ont les cheveux longs me laissent totalement indifférente (et du fait qu’on nous a déjà vendu le héros du tome 3 qui, devinez quoi, possède une crinière qui cascade gaiement jusqu’en bas de son dos et des pantalons en cuir, si si – ndlr : je n’ai aucun problème à concevoir que ça puisse plaire à certaines, bien que, personnellement, je rêve d’un mâle dominant qui soit petit, gros, chauve, et aussi poilu du torse que des mollets), c’est le type de livre qui me donne l’impression d’être stupide.

Pourquoi ? Pas parce que l’intrigue sentimentale est téléphonée. Pas non plus parce que cette intrigue est trop fleur bleue (malgré les apparences, j’aime bien les trucs chou, et j’ai pleuré devant Bambi), mais parce que je ne suis pas prête à avaler certaines couleuvres. Viper nous est présentée comme un étalon dont la voix semble créée pour faire jouir les femmes instantanément (p.29 pour les curieux), et heureusement qu’il est doué de cet organe, car l’autre n’est pas très endurant, au point qu’il doive freiner les préliminaires, histoire qu’il puisse prendre sa compagne les 2min30 intenses que dure le mindblowing sex qu’elle essaie ensuite de nous persuader qu’elle vient d’avoir. Et ça même si elle n’a eu droit qu’à un missionnaire si chronométré qu’il ne lui a pas laissé le temps de choisir la nouvelle couleur des rideaux. Juste un missionnaire. A chaque fois. Et que le Monsieur a quand même un sacré nombre d’années au compteur. Et eu des centaines et des centaines de maîtresses. Rien qu’un missionnaire. A chaque fois. (Bon ok, une fois il y a une version verticale, qui bascule très vite à l’horizontale.)

Alors oui, on peut me répondre que dans ce genre de livre, il ne faut pas aller chercher trop loin, mais bon. À ce prix-là, j’aimerais que l’héroïne se fasse retourner, au moins une fois, histoire qu’elle comprenne. Parce qu’en tant que femme, il est hors de question que j’avale que la meilleure partie de jambe en l’air qu’elle ait jamais connue dans son siècle d’existence se soit déroulée en moins de cinq minutes alors qu’elle faisait l’étoile de mer.

Même si Milady est censé être synonyme de Bitlit, je n’arrive pas à voir ici autre chose qu’un Harlequin aux crocs pointus. Le jeune Lord anglais est remplacé par un vampire, et la roturière par une esclave Shalott, mais le choc des classes reste le même, rendant l’histoire d’amour impossible et interdite, alors même que les sentiments aussi exacerbés que refoulés du beau héros viril font résonner dans l’esprit de la belle héroïne des échos voluptueux dont la sauvagerie n’a d’égal que la nouveauté, à mesure que ses doigts dessinent des petits cœurs adorables et sensuels sur sa peau nue, faisant naître en elle des myriades de sensations inouïes qui… Ok, c’est bon, j’arrête. Mais c’est précisément pour ce genre de raisons que je n’arriverai jamais à considérer la Paranormal Romance comme étant de la Bitlit. Et si vous ne partagez pas mon opinion et décidez de penser que ça fait longtemps que je n’ai pas eu cinq minutes pour méditer sur la couleur de mes futurs rideaux, ça me va.

Vous aurez donc compris que le deuxième opus des Gardiens de l’Éternité me laisse lui aussi un goût amer, et que j’arrêterai ici ma lecture des tomes. Si mes propos vous ont semblé à côté de la plaque, que vous ne vous êtes pas reconnus dans mon avis global et que vous aimez la Paranormal Romance, ne m’écoutez pas et donnez une chance à cette série. Elle est bien écrite, et les amateurs du genre y trouveront certainement leur compte, et seront mieux placer que moi pour la juger parmi ses paires. Aux autres, je conseillerais d’autres séries du même éditeur qui sont de vrais plaisirs, et où les femmes se font retourner en douceur (ou pas).

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