Debreuve-Theresette, Adeline. De notre sang

Transylvanie, fin du dix-neuvième siècle. Traqué sans relâche, Dracula, le Prince des Vampires, dépositaire du sang de l’immortalité, craint pour l’avenir de sa race. La seule solution, pour assurer une pérennité certaine aux siens, serait d’engendrer un héritier de son propre sang. Mais pour cela, il lui faut d’abord trouver une humaine capable de porter en son sein l’enfant d’un non-vivant… En France, Marie Iscariel, dame de compagnie d’une riche héritière, fait le même étrange cauchemar depuis son enfance : un rêve effrayant où il n’est question que de peur et de mort. Entraînée au cœur d’un monde inconnu, la jeune femme va découvrir que l’amour et le sang peuvent parfois s’unir pour créer une étrange destinée…

Nouvelle publication des Editions du Petit Caveau, De notre sang tient plus de la longue nouvelle que du roman, à la différence du Mauve Empire. L’auteur nous entraîne sur des sentiers bien plus classiques, dans la lignée des auteurs de la fin du XIXe siècle. L’ensemble est joliment écrit, l’auteur ne manquant pas de style et le texte ne comportant pas de lourdeurs ni de longueurs. L’ensemble se lit donc sans écueil et est une lecture somme toute agréable.

Là où le bât blesse, c’est somme toute le classicisme de l’ensemble, le scénario baignant dans un romantisme pas franchement original, la relation des deux personnages prenant vite un côté je te hais / moi aussi qu’on a par trop tendance à voire pointer le bout de son nez ces derniers temps. L’histoire démarrait pourtant bien, avec cette histoire de prophétie, et ces deux trames qui peu à peu se rejoignent pour n’en former qu’une. Certes tout cela est un peu téléguidé, mais le style de l’auteur faisait agréablement passer ce travers. Reste donc ce classicisme et ce côté déjà vu qui somme toute gâche un peu le tout, pour aboutir à une fin qui ne clôt finalement pas grand chose et nous laisse un peu planté là.

Finalement peu de choses novatrices nous sont expliquées concernant les vampires dans ce roman. Dracula y apparaît comme un personnage avide de sang, qui peut se mouvoir en pleine lumière (mais c’était déjà le cas chez Stoker, avec ce détail que les pouvoirs du vampire sont malgré tout amoindris à la lumière du soleil). Dracula ne parvient pas à se reproduire avec ses concubines vampires, la relation entre deux vampires semblant vouée à une insurmontable stérilité.

Au final une histoire bien écrite mais dont le scénario ne permet pas d’apprécier pleinement les qualités, engoncé dans un mélange de romantisme et de déjà-vu qui plombe l’intérêt de l’ensemble. J’attends de découvrir d’autres texte de l’auteur, qui a malgré tout une certaine plume.

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