Lee, Tanith. Tuer les morts

Pal Dro, célèbre chasseur de fantômes, a pris la direction de Ghyste Mortua, la célèbre ville fantôme pour mettre un terme à la sinistre légende. Myal, troubadour aussi doué que sans le sou, cherche également le chemin de la cité, aspirant à y trouver l’inspiration pour une ballade qui assurerait sa renommée. Tous deux parviendront-ils à trouver un équilibre qui leur permettre d’atteindre  leur but ?

Tanith Lee fait partie de ces auteurs qui n’ont plus grand chose à prouver à mes yeux. Que ce soit au travers des ses romans ou de ses nouvelles, elle n’a eu de cesse qu’elle ne se réapproprie avec une maîtrise certaine la figure du vampire, à travers sa plume qui en appelle à la littérature gothique du XIXe siècle. Jusque-là, je ne m’étais jamais décidé à lire le présent roman, dont le pitch semble davantage pencher du côté de fantômes que de vampires. Mais le lien avec le sujet qui nous intéresse ici est pourtant bien réel.

On suit, dans les pages de ce roman, la destinée de deux personnages qu’a priori tout oppose : le chasseur de fantômes, aussi taciturne que renommé et le barde exubérant qui laisse bien souvent ses affects prendre le dessus. Si tous deux font route vers une mythique cité fantôme, l’ancienne Tulotef, renommée Ghyste Mortua, ce n’est bien évidemment pas pour les mêmes raisons. L’un cherche sa destruction, l’autre à y puiser la matière de son grand œuvre. Mais bon gré mal gré, leurs chemins vont autant se croiser que se lier.

Même si la traduction est parfois assez lourde, les habitués apprécieront de retrouver les ambiances oniriques de l’auteur de L’Opéra de sang. De la tour en ruine autour de laquelle deux héros vont faire connaissance, jusqu’à la titanesque et évanescente cité fantôme, le récit est ainsi jalonné de lieux forts, terrains parfaits pour des manifestations surnaturelles. L’ensemble ne souffre par ailleurs pas de temps morts, l’auteur gardant qui plus est dans sa manche un surprenant (mais au final plutôt bien vu) twist final.

Pal Dro est certes un chasseur de fantômes, pas de vampires. Pour autant, les fantômes de cet univers ont tout de vampires psychiques, qui s’abreuvent de l’énergie vitale des vivants, les conduisant peu à peu au trépas. À l’image des vampires qui peuvent être détruits si on leur transperce le cœur, les fantômes peuvent être combattus si on modifie ce qui leur a permis de garder pied dans notre monde, en brûlant par exemple un objet qui leur a appartenu.

Tanith Lee fait partie de ces auteurs qu’on lit (et relit) toujours avec autant de plaisir. Pour autant, j’ai la sensation qu’avec ce livre-ci, une nouvelle traduction permettrait de rehausser l’ambiance onirique de l’ensemble, rendue parfois un peu boiteuse ici par quelques lourdeurs de style.

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