Corbeyran, Eric – Rodier, Denis. L'apogée des dragons, tome 1. L'héritage ancestral

Fin 1945, la guerre s’achève dans un Berlin dévasté par les bombardements. Comme beaucoup de soldats allemands, l’archéologue et officier SS, Ernst Schäfer se rend aux alliés. Impliqué dans le projet ”Héritage Ancestral” cher à Himmler, il semble avoir joué un rôle primordial dans des fouilles archéologiques intimement liées à l’ascension d’Hitler et du Reich. Bénéficiant de la protection du puissant Ordre des Dragons, il recouvre sa liberté et compte bien poursuivre ses recherches. C’est alors qu’il découvre qu’Hitler avait, au sein même de sa résidence, un passage vers le monde souterrain d’Agharta… La société de Thulé est enfin à sa portée !

Passé un peu à côté de cette série, c’est par hasard que je me suis aperçu qu’elle se penchait sur le sujet qui nous intéresse. Etant donné qu’il s’agit d’un spin off d’une autre série (également éditée chez Soleil), il va donc falloir que je me penche de manière plus approfondie sur la question.

La mention cahier du Vatican n’avait rien pour vraiment me convaincre, étant donné que j’ai fini par me lasser de ces séries ésotériques qui reviennent sur les manuscrits de la Mer Morte, les lourds secrets de la papauté, la vie du christ etc. Force est pourtant d’avouer que ce premier opus est loin d’être une lecture désagréable. On y suit les pas de l’archéologue Ernst Schäfer, dont l’appartenance à l’ordre du Dragon lui évitera de finir comme ses pairs SS. Car Schäfer joue en fait un double jeu, s’intéressant avant tout à la loge Thulée et ses ramifications avec le Reich. C’est de cette façon qu’il finira par découvrir les ambitions réelles d’Hitler, alors que la débâcle secoue toute l’Allemagne.

Le scénario est assez bien ficelé, et démontre une fois de plus que Corbeyran sait y faire, quand il s’agit de mélanger réalité et fiction, fantastique et pragmatisme. Les personnages sont assez intéressants pour être convainquant, et la trame qui se dessine au fil de l’ouvrage parvient facilement à capter l’attention du lecteur. Certes, le mix vampire – nazis – templiers ne date pas d’hier, et a été l’objet de pas mal d’oeuvres, qu’elles soient cinématographiques ou littéraires, mais le scénariste du Chant des Stryges a su y injecter sa petite touche personnelle qui parvient à rehausser l’attrait de l’ensemble.

Le style réaliste de Rodier colle parfaitement à l’ambiance. Tout n’est certes pas parfait, et certaines cases peuvent apparaître un peu fades, mais le dessinateur sait aussi surprendre son lecteur, lui offrant de superbes double pages à qui la couleur donne une ambiance très réussie. Le train est globalement précis et maîtrisé, l’artiste semblant à l’aise aussi bien pendant les années 40 que durant les croisades.

Les vampires ont ici mis sur pied la loge de Thulé, qui lutte ainsi depuis des centaines d’années contre l’ordre du Dragon. Ils profitèrent des croisades pour infiltrer les rangs de l’armée musulmane et tenter de récupérer un artefact capable de conférer l’immortalité à qui y trempe ses lèvres. Pour le reste, on en sait encore bien peu sur les forces et faiblesses des créatures de la nuit de cet univers. Un point sur lequel la lecture de la série mère apportera sans doute des renseignements plus détaillés.

Un premier opus assez bien fichu pour accrocher le lecteur et donner envie de connaître la suite. Si l’ensemble de la production actuelle de Corbeyran sur le thème des vampires ne m’a pas forcément convaincu, ce tome-ci inaugure une nouvelle série qui se profile de manière positive. A voir si la suite confirme.

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