Collectif. Bad Blood : the vampire collection

Atomeka et Heavy Metal proposent avec ce recueil quatre histoires autour du mythe du vampire. La première histoire, scénarisée par Pete Venters, se concentre autour d’une enfant-vampire, qui passe des bouges de Brooklyn un asile psychiatrique. La seconde histoire centrée autour du personnage de Cindy Ruin, qui retourne à Berlin pour se renseigner sur l’agression dont a été victime une de ses sœurs vampires. La troisième histoire s’attache quant à elle aux pas de Blythe, une vieille vampire de retour à New York. Quant à la dernière histoire, c’est au cœur d’un enquête policière qu’elle nous emmène, aux côtés d’un flic dont la vie va basculer dans le sang.

Les histoires ici en présence ne sont pas toutes du même acabit. La première histoire est très sombre, car y planent les spectres de la pédophilie et du viol. Tout n’y est certes pas des plus cohérents (le personnage du directeur d’asile en tête), mais l’ensemble se lit plutôt bien. La seconde histoire, de la plume de Warren Ellis (connu pour son travail sur la série Preacher), n’est guère plus joyeuse, car y flotte un vent de sadisme et de dégénérescence. Un vampire et son infante vont ici se retrouver, après qu’une autre des infantes du vampire ait été la victime d’horribles manipulations qui l’ont plongé dans un coma sans fin. La quatrième histoire est nettement en deça, car la narration y est pour le moins chaotique et le découpage pas des plus lisibles. Il y est question de la rencontre entre une ancienne vampire et une jeune écervelée qui ne rêve qu’à rejoindre le monde de la nuit. La dernière histoire exploite davantage le registre tragi-comique, en mettant aux prise un policier avec des meurtres vampiriques auquel il va se retrouver mêlé plus que de raison. En définitive : sexe, violence et humour noir, voilà le trio auquel nous convie cet opus.

Le dessin est très varié entre les trois histoires. La première se pare d’un trait que en renierait pas Alex Ross, par son réalisme photographique. La seconde est dans un style plus trash, un tantinet surchargé, qui ne dépareille pas des autres séries sur lesquels a pu travailler Warren Ellis. La troisième histoire revêt un style plus daté qui rappellerait presque Tomb of Dracula, si les trames n’étaient pas aussi présentes. Quand à la dernière histoire, elle arbore un dessin au trait un peu rondouillard, pas des plus maîtrisé, où les détails apparaissent d’une grande sobriété.

Les vampires ici mis en scène sont pour le moins variés. La jeune vampire de la première histoire ne semble avoir conservé des caractéristiques classiques. Elle ne dispose ainsi d’aucun pouvoir particulier, et vieillit comme un être humain normal. Le vampirisme apparaît dès lors davantage comme une maladie incurable. La seconde histoire met en scène une vision plus classique du vampire. Cindy Ruin ne peut en effet se mouvoir que dans les ténèbres, et voit son corps se désagréger si elle reste trop longtemps sans s’abreuver de sang. Par ailleurs, cette histoire donne une vision intéressante de la manière dont le corps du vampire assimile le sang. La troisième histoire n’apporte pas grand chose de neuf, de même que la dernière qui n’est qu’une vision teinté d’humour-noir du vampire.

En bref, un recueil vampirique pas forcément désagréable mais sans réelle homogénéité qualitative ni innovation particulière.

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