Busiek, Kurt – Small Jr, Louis. Vampirella : la guerre de Dracula

Adam Van Hellsing est devenu sénateur, tout en continuant aux côtés de Vampirella de lutter contre les créatures aux ordre de Chaos, dont les vampires. La situation en Europe devient préoccupante, et Dracula pourrait être à l’origine du problème. Vampirella décide donc de se rendre sur place accompagnée du magicien Pendragon. Sur place, elle découvre que le vieux continent est au bord de l’apocalypse, victime d’une campagne de désinformation sans précédent. Dans le même temps, la vampire se pose des questions sur ses origines : se pourrait-il que ses souvenirs de Drakulon lui aient été implantés ?

La guerre de Dracula (1998 pour la VF, 1993 pour la VO) est un recueil des quatre premiers numéros de la série mensuelle (désormais en couleur) Vampirella sous l’ère Harris. Ce titre fait suite à l’arc « Morning in America »,  où Vampirella faisait son retour, une histoire présentée comme la continuité des années Warren. La sculpturale vampire revenait sur le devant de la scène, aux côtés des incontournables Pendragon et Adam van Helsing. Il était donc attendu que l’une des Némésis de l’héroïne, Dracula (dans cet univers présenté comme venu de la même planète qu’elle) fasse également sa réapparition. Le scénario est signé par Kurt Busiek, qu’on retrouvera de nombreuses années plus tard sur la minisérie La compagnie des monstres.

On est sur une trame avec davantage de dimension politique que ce qu’on pouvait lire à l’époque Warren, un tournant déjà pris avec l’arc « Moring in America », qui voyait les protagonistes faire face à l’Unseelie, un gouvernement fantôme composé de créatures surnaturelles. Dans ce nouvel arc, ce sont les relations entre les USA et l’Europe qui est au centre de l’attention. Devenu un état totalitaire, prétextant l’extermination des créatures surnaturelles, le vieux monde exploite sa population… avec Dracula en chef d’orchestre, tapi dans l’ombre (pour le moment).

Graphiquement, le travail de Louis Small Jr est propre mais n’a pas le panache des dessinateurs hispaniques des années Warren. Le dessinateur est encore à ses débuts, n’ayant démarré dans le métier qu’en 1992, justement pour Vampirella. Il propose un trait réaliste et homogène, mais le dessin de certains personnages (Pendragon) manque de finesse. En revanche, il s’approprie très bien Vampirella.

Vampirella s’interroge dans cet opus : vient-elle réellement de Drakulon où ses origines sont-elles différentes ? D’autant qu’elle découvre qu’elle peut prendre une autre forme, plus bestiale, avec des ailes qui lui poussent sur le dos. Transformé, elle a davantage de difficultés à canaliser ses instincts. On apprend également ici qu’elle a cessé d’utiliser le sérum qui lui permettait de s’affranchir de boire du sang humain. De son côté, Dracula paraît quant à lui pleinement endosser l’animalité de sa condition. On voit ainsi le personnage dormir dans une forme de chauve-souris, les pieds pendus vers le bas. Il fait également preuve de puissance surnaturelle, ayant la capacité d’influencer la psyché de ses victimes.

Un arc intéressant, à la croisée entre la Vampirella classique – et ses racines de science-fiction – et la Vampirella d’aujourd’hui, dont les origines sont brouillées par des tentatives nombreuses de redéfinition.

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