Anonyme. Le livre sans nom

Santa Mondega, une ville d’Amérique du Sud oubliée du reste du monde, où sommeillent de terribles secrets… Un mystérieux tueur en série, qui assassine ceux qui ont eu la malchance de lire un énigmatique ʺlivre sans nomʺ… La seule victime encore vivante du tueur, qui, après cinq ans de coma, se réveille, amnésique… Deux flics très spéciaux, un tueur à gages sosie d’Elvis Presley, des barons du crime, des moines férus d’arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, un massacre dans un monastère isolé. Bienvenue dans l’univers du Bourbon Kid.

Le livre sans nom est un succès éditorial, initialement publié sur internet. On se retrouve immédiatement plongé dans les turpides de Santa Mondega, ses tueurs sans pitié, ses losers patentés. Les meurtres qui se produisent en ville vont cette fois-ci susciter l’intérêt du gouvernement, qui semble très au fait des origines de la tuerie. En effet, une pierre magique, capable d’influer sur les mouvements de la lune, a disparu d’un monastère situé non loin de là, et une partie de la racaille des environs aspire à mettre la main dessus.

On ne peut pas vraiment dire que le roman fasse dans la dentelle. Les personnages fleurent bon les archétypes détestables, tous plus losers, vicelards et violents les uns que les autres. Et ce ne sont pas les vertueux prêtres d’Hubal, qui vont mettre les pieds dans la fange, qui risquent d’en sortir indemne. Ecrit comme un polar pour le moins trash, le Livre sans nom est un habile condensé de pop culture, parsemé de clins d’oeil en tout genre, qui propose mine de rien une enquête habile pleine de rebondissement. Qui est le Bourbon Kid ? Qui est Jessica ? La Pierre de Lune a t’elle des vertus magiques ? Autant de questions auquel le livre va essayer de répondre… ou pas.

Pas mal d’originalité dans le style de ce roman, à commencer par l’absence d’un réel «héros» qui se détacherait. La narration est en effet scindé entre les différents personnages, qui ont chacun un objectif bien précis, qu’ils le connaissent d’emblée ou le découvriront au fil des pages. Un parti pris un peu déstabilisant mais qui ne gène en rien la lecture. Le style est prenant et permet sans différencié de voir se dérouler les scènes devant soi, avec un rendu qui doit autant à Sergio Leone (il y a un côté très Western dans les lieux mis en scène) qu’aux délires cinématographiques du duo Tarantino / Rodriguez (on est pas très loin d’Une nuit en enfer). Un concentré d’efficacité pure, sans aucun temps mort, et un côté déjanté aussi assumé que réussi.

Les vampires sont bel et bien présents à Santa Mondega. Une partie des habitants semblent au fait de leur existence, même s’ils n’en disent rien (tout comme pour les autres créatures de la nuit). On est cependant loin des créatures classiques, vu qu’ils semblent avoir contaminé toutes les couches de la société. Avides de sang, ils cherchent avant tout à mettre la main sur la Pierre de Lune, qui leur permettrait de plonger pendant un an la ville dans la nuit, et ainsi régner en maître sur les lieux. Pour le reste, des balles d’argent semblent être le plus sûr moyen d’en venir à bout.

Un roman prenant, totalement déjanté, qui propose un polar mâtiné de fantastique (voire d’horreur) pour le moins réussi. Une lecture improbable, à ne pas forcément mettre entre toutes les mains…

Une réponse à Anonyme. Le livre sans nom

  1. Jessica dit :

    Pour ceux que cela intéresse, voici la bande-annonce du livre :
    http://www.youtube.com/watch?v=5g9AOMDQ8jc

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