Wellington, David. Interview avec l’auteur de Vampire Story

Bonjour. Pouvez-vous vous présenter pour les visiteurs de Vampirisme.com ?

Bonjour, je suis David Wellington, auteur entre autres de la série 13 Balles dans la peau (Vampire Story pour le titre VO). Laquelle série met en scène le personnage de Laura Caxton, une chasseuse de vampires.

Vampire Story semble être votre première incursion sur le thème du vampire. Pouvez vous nous raconter la genèse de cette série ?

J’aime les vampires depuis que je suis enfant, même si à cette époque ils m’effrayaient. Dracula a été l’un d’un des premiers livres que j’ai lus pour le plaisir. Des années plus tard, je me suis retrouvé à lire les romans de Laurell K. Hamilton. Je les appréciais, mais j’avais l’impression que quelque chose clochait. Les vampires sont supposés être des monstres vicieux, pas des créatures avec qui on aimerait avoir une relation amoureuse. J’ai donc pris la décision d’écrire l’histoire de vampires la plus violente et brutale que je pouvais imaginer. Ce texte a pris la forme d’une nouvelle. J’appréciais tellement cette dernière que j’ai eu envie d’en écrire davantage. Cette nouvelle se retrouve depuis dans les trois premiers chapitres de 13 Balles dans la peau, qui a été poursuivi au travers de 4 romans (donc 5 au total).

Parmi toutes les créatures qui existent en littérature, pourquoi avoir choisi le vampire (alors que le zombie semblait avoir votre préférence jusque-là) ?

J’aime les monstres de tous types, vraiment. J’apprécie les momies et les squelettes (tous deux apparaissent dans mes livres sur les zombies) et les loups-garous (j’ai écrit deux livres sur le sujet). Mon monstre favori restant la créature de Frankenstein. Mais les vampires sont un cas particulier. Ils sont morts, mais sont devenus bien plus puissants que lorsqu’ils étaient vivants. Ce sont des prédateurs qui chassent les êtres humains, quelque chose que nous avons peu l’habitude de rencontrer, ce qui les rend vraiment effrayants. Ils sont immortels, ce qui parle à tout le monde, et leur immortalité leur offre une perspective totalement différente de la vie et de l’humanité. C’était d’ailleurs vraiment amusant d’écrire sur comment le fait d’être un vampire change votre manière de penser et votre perception du monde.

Votre série met en scène un personnage féminin fort (ce qu’on voit dans d’autres romans d’Urban Fantasy comme Mercy Thompson, Anita Blake,…), mais vos vampires sont nettement moins humains que ceux de ces mêmes séries. Pourquoi avoir choisi de les dépeindre de cette manière ?

Je voulais revenir aux bons vieux vampires à la Nosferatu (une influence majeure). Je voulais montrer pourquoi on ne devrait pas avoir envie d’être un vampire. Les vampires modernes, comme dans Twilight, sont de simples super-héros. Ils sont beaux, forts, moralement bons et vivent éternellement ! C’est très loin de la manière dont ils apparaissent dans le folklore original en Roumanie (où ils ont davantage l’apparence de zombies buveurs de sang). En mettant face à l’horreur de la non-mort une héroïne forte, je voulais proposer un contraste percutant. Je pense aussi que pour lutter contre les vampires, il faut devenir quelque chose qui leur ressemble. Les livres racontent ainsi l’histoire de Laura Caxton qui abandonne peu à peu son humanité afin de s’investir pleinement dans son combat.

Le second livre de la série, 99 Cercueils, joue avec l’histoire américaine et un de ses moments les plus sombres. Pourquoi avoir choisi Gettysburg comme cadre pour la première (et seule) histoire dans l’Histoire de la série ?

La guerre civile américaine est un moment si crucial dans l’histoire de mon pays qu’on en ressent encore les effets aujourd’hui. Mais c’était une période vraiment très différente, avec une plus grande sensibilité gothique. Ce qui semblait parfait pour des vampires. Et étant donné que les vampires ont une vie très longue, il était évident qu’un vampire puisse se rappeler de la Bataille de Gettysburg. Je voulais explorer ce que cela signifie d’avoir à combattre des créatures qui font partie intégrante de l’Histoire.

Quelles sont vos premières et dernières rencontres avec un vampire (en littérature, au cinéma ou en musique) ?

Mon premier vampire fut Dracula, dans le roman original, et il m’a appris tout ce que je sais sur l’écriture. Ma dernière lecture sur le sujet est le Riverdream de George R. Martin. Ce n’est pas une sortie récente mais je ne l’avais encore jamais lu. C’est une histoire incroyable qui se passe sur un bateau à vapeur au XIXe siècle. Je suis un grand fan de Mark Twain, cette lecture s’est donc révélée très agréable.

Selon vous, comment peut-on analyser le mythe du vampire ?

Je n’aime pas beaucoup analyser les mythes, cela a tendance à leur faire perdre de leur pouvoir. Mais je pense que les vampires parlent de notre peur la plus primaire, celle d’être chassé par quelque chose de plus fort et plus rapide que nous. C’est quelque chose que très peu d’entre nous vivrons au cours de notre existence (heureusement), mais ça reste dans notre ADN. Nous avons une idée de ce que cela fait, que nous devions ou pas le vivre. Les meilleures histoires jouent toujours avec ce type de peurs ancestrales.

Avez-vous d’autres projets sur ce sujet ? Quelle va être votre actualité éditoriale dans les prochains mois ?

Je viens de terminer ma série sur les vampires, avec le livre 32 Fangs, cinquième volume de la saga. J’ai fait cela intentionnellement. J’ai vu trop de séries qui se poursuivent au fil des années, devenant de moins en moins excitantes au fil des opus. Dernièrement on a pu voir des séries durer si longtemps qu’elle finissent par survivre à la mort de leur auteur d’origine. Je n’ai pas envie que cela se produise pour Laura Caxton et les vampires. J’ai écrit il y a peu mon premier thriller, Chimera, qui est un récit d’espionnage avec des monstres et vient tout juste de sortir. Next Is Positive, un nouveau récit de zombies devrait paraître l’an prochain.

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