Leclercq, Eugenie. Interview de la directrice de la compagnie 34-14

Bonjour Eugénie. Peux-tu te présenter pour les internautes de Vampirisme.com ?

Bonjour ! Je suis la directrice artistique de la Compagnie 34-14, une jeune compagnie lyonnaise qui a vu le jour en janvier 2015. Je danse depuis l’âge de sept ans et j’ai joué dans ma première pièce de théâtre à 20 ans. Dracula est le deuxième projet que je monte, le premier étant un ballet de danse, Lilith, qui a tourné sur Lyon en 2014/2015.

Dracula est le nouveau projet de ta compagnie, 34-14. Tu peux nous expliquer la genèse de ce projet ?

Après Lilith, j’ai eu envie de monter un projet qui pourrait réunir le théâtre et la danse et très rapidement j’ai pensé à Dracula. C’est mon livre de chevet depuis que j’ai douze ans et j’avais envie d’en donner ma propre version !

Leclercq, Eugenie. Interview de la directrice de la compagnie 34-14Au niveau de la mise en scène, comment parvient-on à rattacher la danse à un texte comme celui de Stoker ? Car si pour le théâtre, c’est indissociable de l’histoire du roman, ce n’est pas le cas de la danse ?

Dans Dracula, Stoker parle aussi bien de la déchéance de l’esprit avec les personnages de Renfield, du professeur Van Helsing et du docteur Seward que de la déchéance du corps avec Lucy qui fait des crises de somnambulisme par exemple et qui sombre petit à petit. J’ai donc suivi la logique du roman en confiant les analyses au verbal et donc au théâtre et les états de transe au corps et donc à la danse.

Leclercq, Eugenie. Interview de la directrice de la compagnie 34-14A priori, ton adaptation ne reprend pas tous les personnages du roman initial. Quels sont ceux qui ont été conservés et pourquoi eux ? Dans le même temps, y a-t-il d’autres libertés prises avec le matériau d’origine ?

En effet, il a fallu faire des choix car cela aurait été indigeste de vouloir tout traiter. Je me suis donc focalisée sur l’amitié entre Mina et Lucy et sur la chasse au monstre qui suit la mort de cette dernière. J’ai bien sûr pris beaucoup de libertés avec le roman pour le moderniser. J’ai par exemple pris le parti de donner plus de caractère aux personnages féminins car le roman est bien ancré dans son époque et par conséquent bien machiste… Pour le reste, je n’en dirai pas plus, il faudra venir voir la pièce pour constater tous les autres changements !

Le premier projet de la compagnie, Lilith, était déjà très imprégné de vampirisme. Peux-tu nous parler de ce spectacle qui a été le premier de la compagnie ?

Lilith a été une expérience incroyable. Ce personnage est absolument fascinant et elle nous a ouvert des portes sans que l’on y soit préparé comme celles de la Biennale OFF de la danse 2014. J’avais choisi la danse pour raconter son histoire car le mythe de Lilith est très sauvage et c’est la liberté de son corps dont il est question. Non elle ne se couchera pas sous Adam pour faire l’amour avec lui et pour ce refus elle sera condamnée à être stérile, à devoir violer les hommes pour créer de nouveaux démons et à dévorer les enfants. Un beau programme… Aujourd’hui je sais que Lilith, la rebelle, sera toujours un peu présente dans toutes mes créations.

Quelles sont tes premières et dernières rencontres avec un vampire (littéraire et/ou cinématographique) ?

Ma première rencontre a été Dracula quand je devais avoir une petite dizaine d’années. Je suis tombée sur la pochette du film de Coppola mais j’étais trop jeune pour le voir ! Mais cela m’a fascinée. Alors j’ai commencé par lire des petites histoires sur les vampires, à douze ans j’ai lu le roman de Stoker et depuis il n’a jamais quitté ma bibliothèque. La dernière rencontre avec un vampire, c’est dans Penny Dreadful saison 3 que je suis avec beaucoup d’assiduité !

Pour toi, comment peut-on analyser le mythe du vampire? Qu’est ce qui en fait la pérennité ?

J’avoue que je ne me suis jamais vraiment posée la question. J’imagine qu’il nous rassure car il déjoue la mort et tout le monde peut y trouver son compte entre le vampire amoureux, le vampire maudit, le vampire cruel, le vampire vengeur… Et puis il y a cette sensualité intrinsèque au personnage qui boit le sang pour survivre qui fascine et séduit toujours. Il est un fantasme adaptable à chacun et nul doute qu’il a encore de beaux jours devant lui.

As-tu encore des projets sur ce même thème ? Quelle va être ton actualité dans les semaines et les mois à venir ?

J’ai beaucoup de projets en tête ! Pas nécessairement autour du vampire mais dans la même esthétique bien sûr que Lilith et Dracula. Les sorcières devraient bientôt se faire une place dans la compagnie. Les semaines à venir sont consacrées à Dracula mais dès cet été, d’autres créations devraient se dessiner !

Pour en savoir plus sur le spectacle Dracula et ces prochaines dates

Leclercq, Eugenie. Interview de la directrice de la compagnie 34-14

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