Brrémaud, Frédéric. Interview du scénariste de Drakka et Daffodil

Bonjour Frédéric. Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaitraient pas encore ?

Pour résumer, je suis né à Séoul et je suis scénariste de bande dessinée. J’écris pour un peu tous les publics. De la jeunesse avec Chats! Chez Hugo et cie, de l’adulte avec Le Mahârâja chez Drugstore, à paraître, et des histoires diverses allant du Western avec Kochka chez Paquet, au documentaire animalier avec Love chez Ankama, en passant par la politique-fiction avec DGSE chez Clair de Lune, de la SF à paraître au Lombard et des adaptations de romans comme Guerre et Paix, Michel Strogoff, Rocambole, Carmen. Bref, un peu de tout, et pour tout le monde. Je vis en Italie et partage donc mon temps entre l’Italie, la France et l’Inde. En 2004 paraissait le premier tome de Daffodil, une série vampirique de trois tomes qui semble avoir été stoppée depuis. Peux-tu nous parler de ce projet ? Aura t’on la chance de voir la suite un jour ? Qu’en est-il de son adaptation américaine ?

La série compte trois épisodes. En réalité, elle ne devait en faire que deux qui concluent un cycle. Finalement, on s’est dit qu’un troisième, plus noir et plus direct pouvait être intéressant à faire. Un album bonus en quelque sorte, pour développer une autre facette de notre histoire de vampires.

Une suite est possible, sous la forme d’illustrations, de romans ou autres. On y pense mais rien n’est encore bien défini. Giovanni Rigano, le dessinateur, adapte en ce moment les romans d’Artemis Fowl, dessine Coeur de papier chez Soleil et Lolika que je scénarise au Lombard. Chaque chose en son temps, donc…

En France, Daffodil est sorti chez Soleil, en Italie et en Espagne chez Planeta DeAgostini, et aux États-Unis chez Marvel. Qui sait, on aura peut-être la chance d’être publié ailleurs. On pourra dire en tous cas qu’on a été publiés chez Marvel, ce qui n’est pas si mal.

Brrémaud, Frédéric. Interview du scénariste de Drakka et DaffodilTu as également travaillé comme traducteur (et semble continuer régulièrement), pour une autre série vampirique, Dampyr, qui paraît chez Clair de Lune. Comment as-tu atterrit sur ce projet ? Participes-tu à la sélection des épisodes de la version française ?

En fait, c’est moi qui ai présenté la série à Clair de Lune. J’ai demandé les droits à Sergio Bonelli Editore qui s’est entendu avec Clair de Lune et le tour était joué.

Pour le choix des titres, j’en ai parlé à Mauro Boselli, le créateur de Dampyr qui a tenu très gentiment à ce qu’il y ait un ordre de parution. Les albums publiés donc par Clair de Lune sont ceux qu’il préfère mais aussi et surtout ceux qui développent le personnage et son univers. L’édition allemande est la même que la nôtre.

La colonne infernale, au format plus grand, a pour but de mettre en valeur les dessins de Majo, sans doute le meilleur dessinateur de la série, et de faire connaître la série à ceux qui ne lisent jamais de petits formats. À l’avenir, Dampyr devrait continuer. En revanche, je ne sais pas sous quel format. On y pense.

Brrémaud, Frédéric. Interview du scénariste de Drakka et DaffodilDébut juin 2011 sort Drakka, une nouvelle série qui met en scène un personnage mi-homme, mi-vampire. Peux-tu nous parler de la genèse de ce projet ?

Oui, Drakka est un vampire, un demi-vampire même. L’idée de départ était de raconter une histoire permettant à Lorenzo De Felici de s’amuse dans les scènes d’actions (il a un style si dynamique que ce serait dommage de s’en priver), d’y mettre les personnages libres, des créatures, des mutants, des cons, de l’horreur et de l’humour. De la série Z en quelque sorte avec un peu de tout.

Le nom de Drakka m’est venu tout de suite, en hommage à Dracula et pourquoi pas à Dampyr dont le petit nom est Harlan Draka. Les ressemblances s’arrêtent là, bien sûr.

Si la série débute à New York, le tome 1 se déroule en partie dans une ville de l’est mise à mal par des bandes armées. Un lieu radioactif qu’il est difficile de quitter. Dans le deuxième tome, New York est au centre de l’action.

Combien de tomes composeront la série ? As-tu déjà écrit la totalité de l’histoire ? La série est prévue en trois albums. L’histoire, sans être écrite dans les détails est somme toute très avancées. J’ai les points clefs du déroulement, la trame en quelque sorte.

Quelles ont été tes premières et dernières rencontres avec un vampire (littéraire et/ou cinématographique) ? Certaines t’ont-elles influencé pour écrire Drakka ? Nosferatu de Murneau, sans conteste. Cela reste d’ailleurs ma référence sur le sujet. J’ai lu Dracula de Bram Stoker bien après. J’adore le film de Copolla, le Nosferatu d’Herzog avec Kinski et Le bal des vampires de Polanski. À vrai dire, Le bal des vampires correspond sans doute plus à ce que j’ai envie de faire sur le thème.

Pour toi, comment peut-on analyser le mythe du vampire? Qu’est ce qui en fait la pérennité ? Sans parler d’analyse, les histoires de vampires sont souvent des histoires érotiques à peine déguisées. Du sexe donc, interdit même, l’éternité et la mort, la solitude et le pouvoir, les amours impossibles avec ces êtres à l’esprit animal mais aussi torturés. De l’action, de la peur. Beaucoup d’ingrédients qui permettent de bâtir des histoires intéressantes sans trop de difficultés, plus ou moins intelligentes.

As-tu encore des projets d’album sur ce même thème ? Quelle va être ton actualité dans les semaines et les mois à venir ? Outre les développements liés à Daffodil, je pense en ce moment à des histoires mettant en scène des animaux bizarres et des vampires. Des gags en une page pour les plus jeunes. J’ai commencé aussi l’écriture d’une série vampire ayant pour décor la révolution russe.

J’ai plusieurs albums qui sortent en ce moment, c’est vrai. En mai, Love vient de sortir chez Ankama: http://www.ankama.com/fr/video-teasers/11780-teaser-love.

Le 9 juin, c’est Drakka qui sort, chez le même éditeur.

Fin juin, Chats tome 3 chez Hugo & cie avec Paola Antista au dessin.

En août, normalement sortent Normandie Niémen t1 chez Clair de Lune avec Paola Raffaelli au dessin, et Lolika t1 au Lombard avec Giovanni Rigano.

Pour le reste, on verra bien.

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