Blaizot, Lydie. Interview de l’auteur de La maison de Londres

Quel est ton parcours d’auteur ? Comment en es-tu venue à rencontrer les Editions du Petit Caveau chez qui tu édites ce premier roman vampirique ?

J’ai beaucoup tardé à prendre la plume car je ne croyais pas être capable de terminer un roman complet. À l’époque où je maîtrisais des parties de jeux de rôles, je n’écrivais jamais mes scénarios, j’improvisais mes histoires que je construisais en fonction des réactions des joueurs. Si je me mettais devant une feuille, rien ne sortait. Il a fallu toute la force de persuasion de mon mari pour que je me lance.

J’avais posté un extrait de mon roman sur un forum et Ambre Dubois est tombée dessus. Elle m’a contactée pour me demander le manuscrit complet et le comité de lecture du Petit Caveau l’a validé.

Parles-nous un peu de la maison de la nuit. Quelles ont été tes sources d’inspiration pour ce premier roman ? T’es-tu inspirée de proches ou de personnalités connues pour créer tes trois héros et les autres protagonistes du roman ?

Je me suis inspirée des nombreuses parties du jeu de rôle Dracula, que j’ai maîtrisé pendant des années. Deux des personnages principaux, Arthur et Hubert, viennent de là. Le premier était incarné par mon mari, qui lui a donné son caractère si attachant (rire). Pour les autres, j’ai essayé d’imaginer des personnalités intéressantes qui viennent compléter celles que j’avais déjà. Donald Crump m’a d’ailleurs posé pas mal de difficultés car je souhaitais quelqu’un d’insupportable et j’ai réussi au-delà de mes espérances. Il a fini par me taper sur le système et je l’ai tué bien avant ce que j’avais prévu au départ (durant un court moment de délire masochiste, j’avais même envisagé de le maintenir en vie…).

Tu as choisi de placer ton intrigue au cœur du Londres victorien, déjà fortement lié au mythe du vampire (via Dracula notamment). Est-ce délibéré de ta part de te rapprocher des classiques du genre ?

En vérité, tout est de la faute à Ruppert. Un Lord pure souche, très ancré dans son éducation et ses grandes manières, me paraissait être le personnage idéal pour compléter le trio de héros que je souhaitais. Je ne me l’imaginais pas dans une autre époque, ni dans un autre lieu : il prenait véritablement sa dimension dans le Londres victorien. Hors de ce choix, il aurait paru trop terne…

On pourrait scinder la trame en fonction des lieux abordés : la ville pour la première partie, la campagne pour la seconde partie. Y’a t’il une intention cachée derrière cette division ? Ou juste l’envie de montrer que l’époque victorienne ne se limite pas à la ville ?

J’avais surtout besoin d’un lieu très différent de Londres. Pour suivre mon idée, il me fallait une petite communauté où tout le monde se connaissait et partageait des secrets ; quelque chose d’isolé où l’hégémonie d’Hiram ne paraîtrait pas incongrue. La capitale ne pouvait correspondre, j’ai donc opté pour un petit village sympathique (enfin, façon de parler).

Blaizot, Lydie. Interview de l'auteur de La maison de LondresQuelles ont été ta première et ta dernière rencontre avec un vampire (littéraire et/ou cinématographique) ? En réalité, j’ai lu et vu peu de choses concernant les vampires. Mon premier roman du genre a été Le sang d’immortalité, de Barbara Hambly, puis Voyage avec les morts. Ensuite, j’ai lu les ouvrages de Fred Saberhagen pour terminer sur le Dracula de Stoker, qui m’a un peu déçue (le passage racontant la mort de Dracula était trop bâclé à mon goût). Côté cinéma, mon expérience se limite au Dracula de Coppola qui m’a laissé une impression mitigée. Depuis, mes incursions dans le monde des vampires se limitent à ce que j’écris.

Pour toi, comment peut-on analyser le mythe du vampire ? Qu’est ce qui en fait la pérennité ?

Il me semble que le vampire véhicule nombre de fantasmes que l’humain ordinaire voudrait mettre en pratique : une violence que rien ne semble pouvoir arrêter, une vie qui n’est pas gênée par des lois ou des convenances, un ascendant sur les autres… et, bien sûr, l’immortalité. C’est pour cela que le vampire fascinera toujours.

La Maison de Londres est donc sorti il y a quelques mois. Quels ont été pour le moment les retours sur ce premier roman ? La suite est-elle déjà sur les rails ? Quels sont tes futures publications (vampiriques ou non ) ?

Les critiques sont excellentes et cela me fait chaud au cœur. Au départ, j’avais un peu peur que ma manière d’aborder le sujet fasse fuir les adeptes du genre. Je suis heureuse de constater que ça n’est pas le cas. J’ai aussi eu de très bon retours de personnes qui n’avaient jamais lu un roman vampirique.

En mai 2011, toujours au Petit Caveau, sortira un recueil de nouvelles intitulé Autour de Londres. Il permet de présenter plus à fond certains personnages déjà connus (Jedediah Meakham, les trois mousquetaires, Donald Crump, George Rampkin), de donner des précisions sur leur histoire personnelle ; mais aussi de présenter d’autres vampires exceptionnels de La Maison de Londres. Actuellement, je travaille sur le roman qui lui fera suite et qui se situera, comme le premier, à Upper Plot et Londres. Du côté de mes autres publications, une nouvelle vient de sortir dans l’anthologie Momies, aux éditions Cauchemars. Un roman de Science Fiction, le Facteur 119, doit paraître au mois de janvier aux éditions Voy’el. En mars, une autre nouvelle sortira dans le recueil Dimension Mars, aux éditions Rivière Blanche.

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