Ange. Interview avec les auteurs de Sang maudit

Bonjour, Ange. Pouvez-vous vous présenter pour les internautes de Vampirisme.com ?

Bonjour, Internautes de Vampirisme.com! Ange est le pseudonyme commun de deux auteurs, Anne et Gérard – nous avons pris les deux premières syllabes de chacun de prénoms. Nous sommes principalement scénaristes de BD – seulement scénaristes ! Nous ne dessinons pas ! Mais alors pas du tout ! Et aussi romanciers, auteurs Jeux de Rôles, etc. Nous sommes également extrêmement sympathiques.

Ange. Interview avec les auteurs de Sang maudit

Sang Maudit est votre dernier roman, publié chez Castlemore. Pouvez-vous nous en raconter la genèse ?

Un jour, (là, c’est Anne qui parle) j’ai eu la vision de duchesses, en crinoline, ayant du mal à entrer dans le métro – à cause des dites crinolines. C’était une première image qui en a déclenché une centaine d’autres, celles d’un Paris actuel – métro, I-pads, etc. – avec une monarchie encore bien établie, où l’abolition des privilèges n’aurait pas eu lieu, et où il y aurait un « goût » différent à notre société – des bals à Versailles, des duels à l’épée entre ados (filmés sur Youtube évidemment), des intrigues et des empoisonnements de cour, des zones réservées aux nobles dans les restaurants, etc. Après, l’idée d’une héroïne qui serait entre ces deux mondes – un père scientifique « normal », vivant dans un quartier populaire à Paris, et une mère Duchesse – s’est imposée.

Qu’est-ce qui vous a motivé à choisir comme point de rupture la Révolution Française ?

C’était l’explication la plus évidente… La Monarchie est restée parce qu’il n’y a pas eu de révolution, et il n’y a pas eu de révolution parce que… eh bien là, je ne veux pas gâcher le suspense, mais c’est un des points clé du roman.

Et comment avez-vous imaginé l’évolution de la société où cette même Révolution n’aurait pas eue lieu ?

Historiquement, nous avons tout déroulé. Si Louis XVI avait régné sans perdre la tête au fil des événements, Louis XVII aurait hérité, et nous avons tenté de déployer une dynastie crédible à partir de ce point. Mais les tensions sociales existantes de la fin du XVIIIe siècles n’auraient pas disparu. En fait les révolutions de 1830, 1848, et la Commune auraient été encore plus dures, encore plus sanglantes, puisque rien n’aurait été « lâché » sur les privilèges des nobles et de l’église. Et nous avons ajouté, rien que pour le plaisir, que la Révolution Russe – très inspirée par les intellectuels de la révolution française, du moins au début – n’aurait en conséquence pas eu lieu non plus, et que les Tsars – une tsarine dans notre roman – seraient encore au pouvoir.

Ensuite, nous avons fait le pari que notre société se serait quand même démocratisée. L’idée est que si en 2017, la France était encore sous le joug d’un monarque très « dur », le régime ne tiendrait pas – il y aurait une tentative de révolution par jour ! Dans notre roman, il y a donc une société tout-à-fait vivable, avec un parlement, un parti Républicain fort, une opposition active. Le pouvoir de l’Eglise a presque entièrement disparu. Les citoyens vivent une vie normale et libre… ou presque. Car il ne s’agit pas complètement d’une Monarchie constitutionnelle. Les nobles gardent des privilèges d’impôts (rappelez-vous que le conflit fiscal était une des principales raisons de la révolution française), des privilèges juridiques et des privilèges éducatifs. La situation est donc plus grave qu’il n’y paraît…

Mais tout cela parait très sérieux et je vais vous faire peur ! Je vous promets que Sang Maudit est un roman d’aventures, avec des duels, des assassinats, des bals, des complots… et des vampires.

Quel rôle joue la figure du vampire dans votre récit ?

La présence des vampires est essentielle à ce monde. C’est parce ce que les Vampires sont immortels qu’ils ont influé sur l’histoire. Mais bon – n’en disons pas trop.

Quand à leur nature, elle est très classique – en fait, Gérard et moi sommes très classiques, nous aimons les Dragons, les Chevaliers, les Démons… Les deux vampires de Sang Maudit sont les descendants d’une lignée démoniaque, issue de la copulation entre un Démon et une humaine… Bref, rien d’original. Mais ce sont les archétypes qui nous attirent.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du vampire en littérature ces dernières années ?

Ne me virez pas! Je n’en ai aucune idée… je suis restée à Buffy, Angel, True Blood… et même Near Dark… ça date !

Quelles sont vos premières et dernières rencontres avec un vampire (littéraire et / ou cinématographique) ?

Je pense que ce doit être tout simplement Dracula, le livre, puis le film. Ensuite, quand j’étais ado, Lestat le Vampire. J’ai tellement aimé la série d’Anne Rice… et même le film (je sais, je sais, ne me jetez pas des pierres…) Je pense que Philippe d’Orléans, dans le roman, est une version plus calme et civilisée de Lestat.

Pour vous, comment peut-on analyser le mythe du vampire ?

Deux idées me viennent à l’esprit.
D’abord, une pas très romanesque… Celle des vampires du quotidien, ceux qui vous aspirent la vie par leur cruauté, leur contrôle, leur harcèlement. Quand on voit quelqu’un qu’on aime perdre peu à peu toute joie de vivre, toute énergie, parce qu’il ou elle est, par exemple, mal marié – je pense que le mythe du vampire a toute raison d’être.
Ensuite, mon interprétation est plus vague. J’imagine que pour un paysan affamé, un guerrier ou un noble, beau, en pleine santé, ayant accès à un luxe dont le pauvre ne peut même pas rêver, c’est un être différent, d’une autre nature, et souvent un être qui apporte la mort.

Avez-vous encore des projets de livres ou séries sur ce même thème ? Quelle va être votre actualité dans les semaines et les mois à venir ?

Peut-être un autre, ou plusieurs autres romans dans ce même univers. Avec les mêmes personnages (enfin, ceux qui survivent), mais des histoires complètes à chaque fois. Et bien sûr, de nouveaux albums de La Geste des Chevalier Dragons, du Collège Invisible, et une nouvelle série de science-fiction, toujours en BD : Fédération, avec Alain Janolle au dessin.
Voilà !

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