Williamson, Kevin. Vampire Diaries. Saison 1. 2009

Encore un végétarien au pays des vampires… Qui, malgré ses réticences va tomber fou amoureux d’une douce humaine, torturée par la vie. Elena a perdu ses parents quelques mois plus tôt, dans un accident de voiture. C’est sa tante Jenna, gentille adulescente dépassée qui va désormais prendre soin d’elle et de son frère. La rentrée s’annonce difficile pour la reine de l’école, au centre de toutes les conversations. Sa rencontre avec Stefan Salvatore va lui rendre goût à la vie. Fascinée par ce garçon étrange et par son frère Damon, elle va finalement se rendre compte que se sont des vampires…

Inspirée par les livres de Lisa Jane Smith, la série prend néanmoins ses distances avec son modèle pour s’affirmer. C’est une adaptation que l’on pourrait donc qualifiée de libre. Certains diront que l’on surfe ici sur le succès de Twilight, pourtant l’histoire de L-J Smith a débuté en 1991. Il y a presque 20 ans ! C’est d’ailleurs un des livres qui aurait inspiré Stephenie Meyer.

Mais la comparaison avec l’histoire de Bella et Edward s’arrête là !

En effet, nous avons ici droit à une histoire plus sombre, moins édulcorée où des visages familiers viennent secouer l’ordre établi d’un village. L’héroïne, Elena Gilbert, jouée par Nina Dobrev, s’est fait connaître en jouant dans une série pour pré-ado, DEGRASSI. Brune et typée, elle ne correspond pas vraiment au personnage initial. Qu’importe, de toute façon des tas de choses dans la série sont bien éloignées du roman. Elema avait une petite sœur, la voici avec un frère ado torturé, sombrant peu à peu dans la dépendance. Petite anecdote, c’est Steven R Mcquenn, le petit fils de Bullit, qui interprète Jonathan Gilbert.

Quant aux frères vampires, qui ont changés d’origines entre le livre et la série, ils aussi différents que Ying et Yang, et pourtant indissociables. Ce sont en outre, des figures de séries déjà remarquées. Paul Wesley, qui incarne Stefan était le visage d’un Néphilim (mi-homme, mi-ange déchu) dans la série Fallen, où une paire d’ailes impressionnantes ornait son dos ! Enfin C’est Ian Somerhalder qui prête ses traits à l’énigmatique Damon. Lisse et sans relief dans Lost, où il incarnait Boone, on le retrouve ici sombre, effrayant mais terriblement caustique et attirant. C’est l’adulte de la série. Ses répliques sont pleines d’humour, de cruauté et de passion. Pour le clin d’œil, Damon se décrit comme un vrai vampire, de ceux qui brûlent au soleil, non de ceux qui y étincellent !

C’est donc ce triangle amoureux que l’on va suivre tout au long de cette première saison, marquée par la découverte progressive du passé commun des deux frères, depuis l’origine de leur dissension jusqu’à leurs retrouvailles récentes. Car Elena, autre liberté de la série, ressemble à s’y méprendre à Katherine, qui fut l’initiatrice des Salvatore, et leur grand amour !

Dans le petit village de mystic Falls où il ne se passe plus rien depuis bien longtemps, le retour de ces deux vampires va bientôt réveiller de douloureux souvenirs… Il est clair que la série est résolument tournée vers un public jeune, les premiers épisodes ressemble en effet plus à une resucée de Dawson, qu’à une véritable série fantastique. C’est d’ailleurs Kevin Williamson qui assume la paternité des deux séries.

Pourtant, l’intrigue se met progressivement en place et on assiste à des affrontements parfois sanglants. Il y a des morts, et pas seulement chez les méchants ! Les effets spéciaux sont plutôt soignés, les déplacements de Damon, notamment et la vitesse de ses réaction sont d’un rendu très crédible. Le côté fantastique ne se cantonne pas qu’aux vampires, sans pour autant partir dans des digressions farfelues. On découvre par exemple la sorcellerie comme obstacle aux vampires, mais aussi parfois comme une alliée.

La musique enfin, sert bien la série, mettant en valeur les sentiments qui s’en dégagent. http://www.youtube.com/watch?v=v1HUYOVBbBE Des morceaux qui ne se sont cependant pas sans rappeler les tonalités entendues dans Twilight. A croire qu’il y a désormais un genre musical « à vampires modernes ».

En parlant de vampires, justement, on a ici des créatures à mi-chemin entre Nosferatu et Twilight, car si les frères Salvatore peuvent se montrer en plein jour et donc échapper au teint blafard des vampires traditionnels, c’est grâce à la magie d’une chevalière. Si la bague n’est plus en leur possession, ils souffriront comme les autres de la brûlure fatale du soleil. Fatal aussi le pieu dans le cœur. Fort heureusement pour les jeunes filles de Mystic falls servant relativement souvent d’encas à Damon, la simple morsure n’est pas contagieuse. D’autant que grâce au pouvoir de suggestion, les vampires de la série peuvent effacer toutes traces de leur baiser de la mémoire de leur victime. Son frère, Stefan, prouve une fois de plus que les vampires peuvent se contenter de sang animal, mai cela abaisse considérablement la force de leurs pouvoirs !

Finalement, c’est une série qui ne plaira pas spécialement aux hommes, elle est clairement orientée vers les ados, sans toutefois être totalement épurée. Gentillette, elle se rapproche néanmoins de la figure plus conventionnels du vampire, certains y sont d’ailleurs vraiment machiavéliques. Le traitement de la série semble mûrir au fil des épisodes, pour arriver à quelque chose d’un peu plus adulte.

On est bien sûr loin de la macabre fascination que peuvent exercer sur nous des créatures sans foi ni loi, juste assoiffées de sang, quelque en soit le prix, dépendants par nature et dénués de scrupules, d’états d’âme. Pourtant, cette série pourrait contribuer, comme Buffy en son temps, à faire basculer des ados sans accointances, vers le fantastique, adouci, certes, pour commencer, mais qui pourra évoluer vers quelque chose de plus concret par la suite !

Quant à moi, je l’avoue, j’attends avec une certaine impatience la saison 2, en espérant que le crescendo de la première saison se poursuivra !


Williamson, Kevin. Vampire Diaries. Saison 1. 2009
Williamson, Kevin. Vampire Diaries. Saison 1. 2009
Williamson, Kevin. Vampire Diaries. Saison 1. 2009

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