Salkow, Sidney et Ragona, Ubaldo. Le dernier homme sur terre. 1964

Dans une ville sans vie d’Amérique, Robert Morgan survit tant bien que mal, sa solitude rendant plus difficile chaque jour qui passe. Trois ans auparavant, une effroyable épidémie a décimé la population humaine à travers le monde, transformant les infectés en mutants nocturnes. Persuadé d’être le dernier de son espèce, Robert passe ses journées à traquer les zombies que sont devenus ses pairs. Débusquant le jour ceux qu’il pense être de monstrueuses évolution de l’humanité, il passe ses nuits calfeutré dans sa maison, alors que des hordes de morts-vivants en assiègent les portes…

Cette première adaptation cinématographique du roman de Matheson est certainement la plus respectueuse du texte original. Porté par le jeu d’acteur très convaincant d’un Vincent Price au meilleur de sa forme, qu’on sent vaciller entre raison et folie, le film nous entraîne dans le sombre quotidien de cet homme qui traîne sa normalité comme un boulet, isolé face à une humanité en pleine métamorphose. On retrouve dès lors les grands thèmes de la nouvelle originale, notamment cette réflexion très bien mise en scène sur l’acceptation de la différence et la conception de la norme.

Concernant la manière dont le mythe vampirique est ici mis en scène, on retrouve les principaux éléments que Matheson à disséminé dans sa nouvelle. Les vampires de ce film sont ainsi des êtres nocturnes, qui craignent la lumière du soleil, l’ail et les miroirs, et qui ne peuvent être tué qu’après qu’on leur ai planté un pieu en plein cœur, avant de les faire disparaître dans les flammes. Une partie de ces êtres (ceux qui en sont resté au premier stade de l’infection), sont cependant plus proche des zombies (il n’y a qu’à voir leur démarche ainsi que leurs préoccupations très monomaniaques pour s’en convaincre) que de vampires.

A final, cette première adaptation repose essentiellement sur les épaules d’un Vincent Price très convaincant qui endosse à merveille le rôle de Robert Neville (ici renommé Robert Morgan). Avec peu de moyen, le réalisateur propose ici un film sombre et lourd de sens qui a durablement marqué l’histoire du cinéma fantastique.

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4 réponses à Salkow, Sidney et Ragona, Ubaldo. Le dernier homme sur terre. 1964

  1. sheol dit :

    Ca donne envie, surtout quand on a vu le blashematoire "je suis une légende" avec will smith

  2. Lucy Westenra dit :

    Effectivement, ce film est très réussi avec son ambiance digne d’un film de Romero. Le jeu de Vincent Price est étonnant (comment peut-il passer de la joie à la tristesse en un instant!?) et le thème du vampire est bien présent dans le film, mais toujours de façon subtile. Un film que je recommende grandement.

  3. Ruthven dit :

    Ce n’est peut être pas un grand film, mais il reste – à ce jour – l’adaptation la plus fidèle au roman de Matheson.
    Il préfigure déjà" la nuit des morts vivants"que Romero tournera 4 ans plus tard , avec les mêmes problématiques.
    Et Vincent Price…toujours aussi brillant !

    Pas facile à trouver en VF, mais à voir.

  4. eelsoliver dit :

    La première et aussi la meilleure adaptation du roman de Matheson, avec un Vincent Price charismatique

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