Carpenter, John. Vampires. 1998

Adaptation libre du roman de John Steakley, Vampires raconte l’histoire de Jack Crow et de sa bande de mercenaires, mandatés par le Vatican pour éradiquer les suceurs de sang du 21ème siècle. Après avoir « nettoyé » un nid au cœur du Nouveau Mexique, Jack et sa bande goûtent au repos du guerrier dans un motel, mais il est de courte durée ; Valek, le maitre-vampire qu’ils n’avaient pas réussi à débusquer, fait irruption et décime la fine équipe. Jack et son pote Montoya arrivent à s’échapper en embarquant Katrina, une prostituée mordue par Valek. C’est alors le début d’un long combat pour empêcher Valek, et ses nouveaux sbires, de mettre la main sur une relique permettant aux vampires de vivre en plein jour…

Vampires ne fait pas parti des meilleurs films de Carpenter, mais il a le mérite d’atteindre son but : divertir en déversant quelques litrons d’hémoglobine. Ici, les vampires relèvent plus du monstre que du dandy british : Valek, par exemple, sous sa dégaine sobre, cache une bête assoiffée de sang qui n’hésite pas à décapiter, transpercer et démembrer les corps (une des meilleurs scènes du film restant l’attaque au motel qui change les données du problème : les chasseurs deviennent les proies). Pour tuer les créatures, il faut leur planter un pieu dans le cœur et les traîner au soleil pour les voir rôtir : exit les gousses d’ail, l’eau bénite, le crucifix et autre gri-gri ; le vampire moderne ressemble à son homologue humain, un être pragmatique dépourvu de croyances et de superstitions. Il n’y a qu’à observer la bande à Jack Crow : des tueurs sans pitié, à l’instar de leur boss, un type violent, vulgaire et misogyne, bref, le vrai bad guy.

Le monde que nous dépeint Carpenter est pourri : les seules femmes qui nous sont données à voir sont des putes et même les religieux s’avèrent être les pires raclures, puisque un cardinal va jusqu’à pactiser avec Valek pour satisfaire son désir d’immortalité. C’est à se demander qui sont les vrais monstres…

Malgré tout, le film se regarde comme une bonne série B qui mise sur l’ambiance à la « Une nuit en enfer » (motel crades, décors de western) et sur l’affrontement entre Crow et Valek. Paradoxalement, à la fin de la bobine, Jack laisse filer Montoya et Katrina, tout deux futurs vampires, au nom de l’amitié passée : ou bien est-ce pour faire ce qu’il aime par-dessus tout, continuer à casser du vampire ?

Sans être un classique du genre, Vampires est à mi-chemin entre la vision du vampire des années 80 et celle des années 2000 (Blade et ses avatars poseurs), un film de vampires de transition qui présente le damné sous un jour nouveau.

Carpenter, John. Vampires. 1998

Carpenter, John. Vampires. 1998

5 réponses à Carpenter, John. Vampires. 1998

  1. eelsoliver dit :

    Perso, je suis un grand fan de carpenter, mais vampires n’est pas son meilleur film.
    D’ailleurs, tu le dis ds ta critique.
    Sinon, un bon divertissement burné, nerveux et bien vulgaire ds son genre.
    Comme d’habitude, James Wood est génial!

  2. Vladkergan dit :

    Je suis également un gros fan de Carpenter, je pense que cela transparaît d’ailleurs dans ma chronique.

    Néanmoins, même si j’ai bien apprécié Vampires, il n’a pas pour moi la saveur du généralissime Antre de la folie avec Sam Neil, pour moi l’un des summum de l’œuvre du maître.

  3. eelsoliver dit :

    Oui, l’antre de la folie est un excellent film de Carpenter.
    Pour ma part, mes préférés sont the thing et invasion los angeles!

  4. Méta dit :

    On est effectivement très loin des vampires bien élevés que l’on retrouve dans "Entretien avec un Vampire" mais tant mieux. Le petit coté western fait tout le charme de ce film sanguinolent. Comme vous, ce n’est pas mon préféré de John Carpenter mais j’aime sa vision des vampires.

  5. dasola dit :

    Bonsoir, et bien moi, j’ai beaucoup aimé ce film avec ces vampires qui sortent de terre. L’histoire tient la route. Plus qu’une série B. Bonne soirée.

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