Ball, Alan. True Blood. Saison 4. 2011

Après avoir mystérieusement disparu pendant des mois, Sookie refait surface. Un an s’est écoulé depuis qu’elle a été conduite au pays des fées, dont elle n’est revenu qu’avec peine, après avoir retrouvé quelqu’un d’imprévu. Pendant ce temps, les choses ont bien changé à Bon Temps. Bill est devenu le nouveau roi de Louisiane, Jason a finalement intégré les rangs de la police, et a du se résoudre a vendre la maison de Sookie.

Tara a fuit loin de Bon temps et a fait une rencontre qui lui permet, un temps, d’oublier son passé. Alors que Sookie parvient tant bien que mal à retrouver sa place, un groupe de Wiccan menés par Marnie, une puissante medium, crée un incident en rendant Eric amnésique. La guerre entre vampires et sorciers ne fait que commencer…

Après une saison qui marquait un peu plus ses distances avec la saga de Charlaine Harris, sans pour autant renier les livres comme matériau de départ, qu’allait nous réserver cette 4e saison, qui dans les romans fait la part belle aux sorciers, et à leur inimitié pour les vampires ? Beaucoup se disent déçu de la manière dont Alan Ball traite les romans originaux, et ce qu’il a fait de personnages comme Bill ou Eric. Personnellement, je n’ai aucun grief de ce type à formuler contre le maître d’oeuvre de la série. Prendre ses distances avec l’oeuvre narrative était un choix comme un autre, et permet à mon sens au lecteur assidu de Charlaine Harris de ne pas devancer les évènements.

C’est en effet une des forces d’Alan Ball, qui n’hésite pas à complètement bouleverser la trame, choisissant de donner une place importante à des personnages censés être mort depuis belle lurette (Lafayette), où oblitérant de manière brutale certaines rencontres (Sookie et les fées). A un niveau macroscopique, le résultat est le même, et la saison à une fin très semblable, mais les moyens pour y parvenir sont tout autres. Et en tant que lecteur de la série mère, je ne peux que m’en réjouir, étant donné que je ne cherchais pas une adaptation stricto-sensu, mais un vrai travail permettant d’apprécier une oeuvre parallèle.

Lafayette découvrant qu’il possède enfoui en lui des pouvoirs mediumiques, Andy devenant accroc au V, Jason, le couple Hoyt et Jessica qui se meut bientôt en un vrai vaudeville, Sam apprenant à accepter ce qu’il est, même si les relations avec son frère son loin d’être parfaites, autant de points surprenants (et je ne parle même pas des fées qui, au court des premiers épisodes, font prendre un virage complètement inattendu à toute une partie de l’univers) qui ont finit par totalement me happer, de manière bien plus aboutie que la précédente saison, car sans réel temps mort.

Certes, Sookie fait toujours sa nunuche, Bill reste fidèle à lui-même, et Eric est finalement… Eric. En ça, le trio de tête ne change pas vraiment, mais la galerie de personnages est sans nul doute un des points forts de la saison, qui se voit renforcée de nouvelles têtes (Debbie, bien plus présente, Marcus, le chef de la meute de Shrevport, Emma et Luna, Marnie, qui évolue au fur et à mesure que son mal-être contamine ses pouvoirs,…), et voit par la même occasion de nouvelles créatures lever le voile, parmi lesquelles les fées, les sorciers, les panthères-garous et les fantômes.

Cette saison nous permettra de découvrir la lutte séculaire que livrent les vampires contre les sorciers, dont les pouvoirs sont à même de leur forcer la main, et les faire venir sous la lumière du soleil, ce qui les condamne sans appel à être brûlés vif, au mieux à servir de marionnettes aux ordres du sorcier qui a pris le contrôle de leur volonté. L’idée est de rendre les sorciers nécromants à même de damer le pions aux vampires, qui sont eux-même des créatures mortes.

Pour se prémunir de ces sorts, la seule solution pour les vampires reste de s’enchainer à l’aide de chaînes d’argent, rien d’autre n’étant en mesure de les stopper. Le spectateur aura par ailleurs l’occasion de constater le lien fort qui peut s’établir entre un humain et un vampire, quand l’humain s’est nourrit du sang du dit vampire. Sookie, Hoyt (et Jason) auront l’occasion d’éprouver cette vérité.

Une très bonne quatrième saison, qui fera sans nul doute hurler les puristes, qui crieront à la trahison. Pour ma part, Alan Ball a surtout montré qu’il pouvait s’affranchir de sa base de départ pour proposer une relecture jouissive et plus trash des romans de Charlaine Harris. De vraies scènes fortes (surtout celles ou les personnages décèdent, qui sont toutes réussies dans cette saison), des personnages riches qui évoluent au fil des saisons, de gros cliffhanger de fin de saison (qu’on espère voir la saison 5 clore avec autant de panache que cette 4e saison). Bref, cette série n’est certes pas un chef d’oeuvre, mais elle n’en manque pas moins d’une certaine verve.

Ball, Alan. True Blood. Saison 4. 2011 Ball, Alan. True Blood. Saison 4. 2011 Ball, Alan. True Blood. Saison 4. 2011

Une réponse à Ball, Alan. True Blood. Saison 4. 2011

  1. Philippe Roy dit :

    J’ai vu et j’ai aimé. Ball parvient sans mal à garder le rythme saison après saison, les personnages évolue tout en restant fidèles à eux-mêmes et les enjeux centraux (tolérance et respect) restent présents, tout en permettant de descendre de plus en plus profondément dans l’univers de chacune des races présentées.

    Les vampires, brutaux au possible mais souvent sophistiqués, sont peut-être les plus réussi de la télévision jusqu’ici. Puissants, complexes, développés, ils peuvent êtres des amoureux transis sans verser dans la mièvrerie ou des tueurs sadiques sans se vautrer dans la complaisance.

    En outre, j’adore les changements drastiques par rapport aux romans. Franchement, quel intérêt de voir reproduit à l’identique un texte qu’on a déjà lu? True Blood est, saison après saison, de la très bonne télévision.

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