Year of no light. Vampyr

Vampyr est le dernier album en date de Year of No Light, groupe français de sludge qui s’aventure depuis leur précédent effort, Ausserwelt, vers une musique purement instrumentale. Ce Vampyr est un enregistrement à part, étant donné qu’il s’agit bel et bien d’une captation live datée de 2012, effectuée à l’issue de la tournée de deux ans consacrée au projet. Une captation qui s’avère dans la continuité du précédent effort, mais s’éloigne du fracas continu d’Ausserwelt pour davantage diluer son propos, en ayant une optique plus « progressive » au niveau des changements d’atmosphères.

La montée du son lors de l’ouverture de « Générique » pose d’emblée l’ambiance oppressante de l’album, de même que les premiers accords de guitare qui n’interviennent qu’en ouverture du deuxième titre. L’ensemble des titres propose un mélange dont le groupe a le secret, entre instruments traditionnels et nappes synthétiques, qui apparaissent rapidement comme les fils conducteurs de l’ensemble (tout en maintenant le côté dérangeant, ne proposant aucun moment d’accalmie).

Les guitares saturées apparaissent certes en plusieurs point de l’album (dès le deuxième morceau en fait), et reviennent inlassablement accompagner le parcours du spectateur (ou de l’auditeur) dans les méandres du film (une adaptation libre du Carmilla de Le Fanu), ponctuant certains moments plutôt qu’en noyant l’auditeur en surchargeant son sens de l’ouïe. A cet égard, les compositions sont insidieuses, car elles finissent par s’infiltrer dans l’esprit alors que les morceaux défilent, hypnotisant le spectateur pour finir par le laisser quasi-exsangue.

Car le trio de chanson de fin appuie définitivement le clou, en épuisant littéralement le spectateur alors que l’intrigue du film trouve sa résolution. Un trio de titres qui proviennent à la base de l’album Ausserwelt, mais qui s’intègrent parfaitement l’une avec l’autre, et avec les titres qui précédent. Comme s’ils avaient été prévu à l’origine pour s’imbriquer à cet endroit.

Les amateurs de sludge et de post-hardcore apprécieront sans nul doute cet album incroyable dont l’écoute ne laisse pas indemne et qui s’écoute parfaitement sans le support visuel (ce que beaucoup de bandes-sons de ciné-concert ne peuvent pas prétendre). Moins compact que leur précédent album (mais n’est-ce pas tout simplement pour laisser la place à l’image lors des représentations sur scène ?), très inspiré et doté d’une grande richesse sonore (entre le climat martial imposé par la batterie, le son stressant et berçant à la fois des nappes électroniques, etc.), ce Vampyr offre un éclairage d’une noirceur palpable au film de Carl T. Dreyer.

Listes des titres

1. Générique 02:10
2. Courtempierre 04:01
3. Testament 03:57
4. Ombres 09:30
5. Meurtre 02:42
6. Deuil 04:25
7. Vampire 01:59
8. Morsure 03:21
9. Damnée 04:59
10. Malédiction 02:45
11. Exsangue 03:39
12. Saignée/révélations 04:25
13. Passages 04:51
14. Outremonde 07:08
15. Profanation / Rédemption 03:35
16. Orée 07:24

 

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