Valla, Kristoff. Kath, tome 1 : Renaissance

De nos jours, au fin fond de la Russie, une expédition archéologique fait une étrange découverte : un corps de femme, enchâssé dans la glace, qui aurait plus d’un siècle mais ne semble pas avoir subi les outrages du temps. Lorsque, contre toute attente, la prisonnière s’éveille, elle est accueilli par l’imposant Anthon Soldek, son homme-lige depuis des siècles. Car Kath est l’une des dernières Primarques, et la reine du peuple vampire depuis qu’elle a contribué à la chute de Kayne, leur géniteur. Et elle entend aussi bien se venger de ceux qui l’ont retenue près d’un siècle que de reprendre la tête du peuple vampire.

Les publications des éditions du Petit Caveau se suivent mais ne se ressemblent pas. Kristoff Valla intègre donc les rangs des auteurs de la maison, et inaugure avec ce premier opus la série Kath, qui conduit le lecteur depuis les steppes de Sibérie jusqu’à Berlin, puis New-York. Un périple au cours duquel Kath, personnage central de l’histoire, se remémore différents moments de son passé, qu’il s’agisse de l’époque où elle prit le dessus sur les autres vampires ou les années qui précédèrent son enfermement. Des flashback qui offrent la possibilité à l’auteur de dévoiler par étapes successives la mythologie mise en place, pour le moins riche.

Les personnages mis en scène ont un côté assez froid et distant, ce qui colle plutôt bien avec leur nature d’immortels, mais n’empêche pas pour autant le lecteur de se fondre dans l’intrigue. Et si certains éléments du mythe ont un petit air de déjà-vu (la notion de génération de vampires, dont les pouvoirs s’étiolent, Kayn…), l’auteur apporte une touche personnelle assez forte pour ne pas donner l’impression au lecteur d’être devant une version romancée d’un scénario de Vampire : La Mascarade. Il se dégage en effet de ce premier opus une envie de mélanger classicisme et modernisme, un peu à la manière d’un Underworld (que rappelle furieusement la tenue de Kath), tout en évitant de sombrer dans la caricature. Le tout avec un style simple mais efficace.

L’auteur pose comme point de départ à sa mythologie le personnage de Kayne, dont on apprend ici peu de choses sinon qu’il a donné naissance aux Primarques et a régné sur ceux-ci des siècles durant. Du moins jusqu’à ce que certains de ses enfants, dont Kath, Laban et Hagon, prennent la tête d’une rébellion contre lui, donnant à cette occasion naissance aux vampires de seconde génération pour parvenir à leur fin. Après la disparition de Kath et de ses frères, les seconde génération les plus puissants seuls s’arrogent le droit de créer de nouveaux vampires, mais la technique est mal maîtrisée, et ces nouveaux vampires sont plus faibles que leurs pères. Les pouvoirs des vampires varient en effet au fil des générations. Les premiers-nés (auxquels appartiennent les Primarques) sont ainsi dotés de pouvoirs importants (force accrue, réflexes, régénération), tout en pouvant sortir à la lumière du jour et en n’étant pas obligés de se nourrir exclusivement de sang. Tous peuvent être tués si on leur transperce le cœur, ou si on leur coupe la tête, leur corps devenant alors cendres.

Kristoff Valla propose avec ce premier opus un univers vampirique pour lequel il puise dans des mythologies du genre déjà existantes, mais y injecte sa propre matière, remodelant la genèse des vampires et leur évolution à travers le temps. Et l’épilogue laisse à penser que tout n’a pas encore été dévoilé, et que les prochains opus risquent d’apporter leur lot de rebondissements (et de nouveautés) quant aux différentes factions en présence. Pour le reste, ce premier volet est un démarrage plutôt réussi dans le genre, avec sa galerie de personnages travaillée, ses flashbacks et son scénario qui réserve peu de temps morts.

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