Toulemont, Manon. Symfonia, tome 1. Ouverture

À 23 ans, Pacôme est un éleveur de serpents qui peine à s’intégrer en société… et vampire à ses heures perdues. Déchiré entre ses principes et son instinct de prédateur qui l’oblige à tuer pour survivre, il mène une vie compliquée avec sa jeune sœur Alice, elle-même en proie à des pulsions sadiques. Le vampire se met en chasse à Paris par une nuit de novembre 2009, mais rien ne se déroule comme prévu…

Pfiou, pour quelqu’un de 19 ans, il faut avouer que ce premier volet est pour le moins dense, et qu’il se démarque des facilités actuelles. Manon Toulemont articule son intrigue autour d’une galerie de personnages touffue qui vont peu à peu se croiser au fil des pages, esquissant une trame complexe qui puise aussi bien dans le polar, la fantastique et la fantasy. Un mélange détonnant, avec un aspect psychologique assez réussi, qui donne donc naissance à un tome introductif qui appelle une suite.

Reste que si tout cela est plus que prometteur, il manque deux ou trois choses pour véritablement happer le lecteur. A commencer par l’impossibilité de s’identifier aux personnages principaux, tant ceux-ci font preuve de froideur, ce qui retire tout velléité épique à l’ensemble, étant donné qu’il est difficile de ressentir les émotions des protagonistes. Cet état de fait n’est cependant pas constant, et semble aller en s’améliorant dans les derniers chapitres.

Manon Toulemont n’aborde pas le mythe du vampire de manière classique. Si au moins deux de ces personnages possèdent des caractéristiques vampiriques (nécessité de s’abreuver du sang de leur victime la nuit venue, résistance physique, canines acérés quand l’envie de boire se sang se fait trop forte, etc. ), on est loin de la créature classique, et à mi-chemin avec le criminel de sang. On apprend cependant que le vampire n’est pas la seule créature existante, et qu’elle s’ajoute à nombre de créatures imaginaires qui existent réellement.

Un premier opus qui possède certaines caractéristiques assez impressionnantes pour une première oeuvre (notamment un univers à la fois riche et cohérent et une structure de récit qui permet une montée en puissance de l’intrigue). Reste que le manque d’affects dont son capables les personnages principaux, voire le côté un peu forcé de ces affects ne permet pas totalement de s’identifier aux personnages. Je lirais malgré tout la suite pour voir si l’auteur a fait mûrir cette partie-là de son récit, car pour un premier roman, elle aurait de quoi en remontrer à certains.

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