Stoker, Bram – Punter, Russell – Forlini, Valentino. Dracula

Jonathan Harker est dans la diligence, en route pour le col de Borgo, où l’attend son client, Dracula. Le jeune avoué constate que les autres passagers sont effrayés à l’idée de le voir partir pour le château du comte. Si le cocher qui mène la diligence fait tout son possible pour arriver le plus tôt possible au point de rendez-vous, le cocher du comte arrive à temps pour prendre en charge Jonathan. Lequel, après un voyage étrange, se retrouve avec le comte Dracula. Rapidement, les événements étranges se succèdent.

À la différence du roman de Stoker, cette adaptation débute d’emblée après l’épisode de l’Auberge de la Couronne d’Or. Pour le reste, elle est fidèle à la trame du texte d’origine, même si elle expurge pas mal de scènes, sans doute pour se concentrer sur l’essentiel (et tout faire rentrer dans un format qui peut être relié en album). Reste qu’à force d’épurer, le scénariste retire pas mal de temps forts du récit (la partie qui se focalise sur Jonathan Harker est ainsi rétrécie, laissant de côté de nombreuses discussions entre lui et Dracula, mais aussi toute la partie sur Renfield). L’ensemble finit par donner l’impression d’être un résumé étiré du matériau de base plutôt qu’une adaptation.

En ce qui concerne le dessin, là aussi le bât blesse. Le trait manque clairement d’homogénéité. S’il y a des idées de mise en page intéressante (enchaînement de cases de tailles différentes, superpositions, etc.), le dessin des personnages se fait tantôt précis et maîtrisé, tantôt brouillon. Et la couleur, des à plat informatisés, n’arrange rien à l’ensemble.

Pour ce qui est de la figure du vampire, rien de très nouveau à se mettre sous la dent, adaptation du roman de Stoker oblige. Dracula est un vampire qui doit son immortalité à l’absorption de sang (qui lui permet de rajeunir, dans une certaine mesure). Il ne se reflète pas dans les miroirs et craint les symboles religieux, même s’il a la capacité de se déplacer au besoin à la lumière du jour.

Adapter un roman comme Dracula, c’est se placer dans le sillage de pléthore de comics, BD et autres romans et films. Difficile, donc de se démarquer de la production déjà existante, si l’on choisit de rester dans les clous. Ce qui est bien le cas de cet album qui pêche aussi bien par son dessin que par des coupes franches dans le récit d’origine, qui finissent par en retirer toute tension dramatique. Alors on pourrait opposer à mon avis le fait que l’ouvrage se destine à un public jeunesse, mais je ne peux m’empêcher de trouver ça dommage… (je ne suis pas de ceux qui pensent que simplifier un texte est une manière de le proposer à un public plus jeune).

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