Maberry, Jonathan – Robinson, Alan. V-Wars, tome 1 : Crimson Queen

Un virus millénaire provoque l’activation d’un gène humain inconnu qui transforme en vampire une partie de la population. Luther Swan, spécialiste de la créature et des mythes qui y sont rattachés, est alors promu conseiller spécial du président. Mais un homme seul et idéaliste fait-il le poids face aux différentes factions en présence, et aux militaires et politiques  qui œuvrent dans l’ombre, contribuent à l’escalade de violence entre vampires et humains ?

Ce premier opus se base en fait sur l’univers posé par Jonathan Maberry avec l’anthologie V-Wars, sorte de réplique vampirique au World War Z de Max Brooks. L’anthologie d’origine offre en effet une multitude de points de vue (par des auteurs aux rangs desquels on compte notamment Nancy Holder et Jonathan Maberry lui-même). Ici, le positionnement est tout autre, car si on y mêle plusieurs lignes de front et situations, tous ces éléments ont en commun le personnage de Luther Swan, parachuté malgré lui comme expert es vampire. Sauf qu’entre la recherche universitaire et les escouades militaires, il y a un large fossé, difficile à franchir pour un idéaliste.

Le récit est glacial (le héros est rapidement confronté dans sa vie personnelle à la croissance de la population vampirique), mais pour autant bien pensé dans la manière de poser les évènements et de mettre en scène les différents points de vue. Sans omettre de distiller de quoi nuancer ce que cherche chacun des camps en présence, ni les manipulations qui permettent de faire pencher d’un côté ou de l’autre la balance.

Niveau dessin, je n’ai pas particulièrement été bluffé par le trait d’Alan Robinson. Le style est propre, homogène et efficace, et ne sombre pas dans le mainstream vulgaire. Pour autant, il manque peut-être une certaine originalité graphique, qui me ferait davantage classer ce premier opus dans les grosses surprises plutôt que dans les bonnes lectures.

Le thème du vampire est bien évidemment central dès ce premier tome. On découvre qu’un mystérieux virus, le ice virus, s’est propagé à travers le globe, faisant muter chez certaines personnes un gène jusque-là inconnu. La mutation opère différemment en fonction des personnes (et de leurs origines ethniques), reproduisant dans le réel la diversité des types de vampires : Blutsauger, Nosferatu… Tous n’envisagent par ailleurs pas de prendre le dessus sur l’homme, certaines penchant davantage vers une cohabitation.

Une bonne lecture que ce premier volet, qui pose un univers empruntant certes à d’autres récits (on pense à World War Z, à 30 jours de nuits et à quelques autres) mais avec pas mal de retournements de situation bien intégrés. Tout en abordant de front des sujets comme l’épidémie (particulièrement d’actualité) ou la tolérance (un thème déjà fortement utilisé dans True Blood). En tout cas je lirai la suite avec un intérêt certain, et ne vais pas attendre longtemps pour jeter un œil à l’anthologie qui a servi de matière première.

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