Lapham, David – Huddleston, Mike. The Strain, tome 1. La lignée

Alors qu’il passe le week-end avec son fils, Ephraim Goodwather se voit forcé de se rendre séance tenante sur le tarmac de l’aéroport JF Kennedy de New-York. Scientifique au CDC, on fait appel à lui pour enquêter avec son équipe sur ce qui est arrivé dans un avion en provenance de Berlin. 4h00 auparavant, alors qu’il venait de se poser, ce dernier a en effet cessé tout contact avec la tour de contrôle. Alors qu’il pénètre dans l’avion, Ephraim découvre que la totalité des passagers semblent mystérieusement décédés, sans qu’aucune trace de violence ne soit décelable. C’est alors qu’un étrange coffre, absent des registres du bord, est découvert dans la soute.

The Strain est l’adaptation comics de la trilogie du même nom, dont le scénario est signé par Guillermo Del Toro (qu’on connaît ici pour avoir réalisé Cronos sur le thème du vampire) et Chuck Hogan. Si le comics commence par un flashback consacré à Abraham Setrakian, qui prend rapidement le rôle du Van Helsing de service, le déroulement du récit suit à la lettre celui du roman, même si ce premier recueil s’arrête alors que l’épidémie ne commence à s’étendre.

Sous certains aspects, on pourrait rapprocher ce comics (et son scénario) du comics Impaler, qui narre également la propagation d’une épidémie vampirique sur une métropole américaine. Par ailleurs, le récit que fait Setrakian de se première rencontre avec le maître partage pas mal de points communs avec le Plus mort que mort vivant, de Dauzois et Dann, ce qui ne m’avait pas forcément sauté aux yeux lors de ma lecture du premier tome de la série. Assez orienté sur la part horrifique, le comics plonge le lecteur dans une ambiance assez sombre, qui s’amplifie au fur et à mesure qu’apparaissent les vampires particuliers de l’univers posés par Hogan et Del Toro.

Le dessin est assez réussi, sans être forcément original. Le train de Mike Huddleston rappelle d’ailleurs celui de Nick Harms, qui dessinait Impaler (ce qui est assez amusant, vu les similarités entre les deux séries). Reste que le design des créatures est assez réussi (et conforme à la manière dont elles sont décrites dans le roman, à commencer par leur langue démesurée et l’aiguillon qui est situé à son extrémité). Les couleurs sont par contre assez sombres, ce qui appuie de toute manière l’ambiance.

Lapham n’a pas pris beaucoup de liberté avec le matériau d’origine. On est donc face aux buveurs de sang décrits par Hogan et Del Toro. Des créatures qui perdent rapidement leur aspect humain, et se retrouvent affligées d’une soif de sang qu’il cherchent à sustenter. Pour autant, la transformation n’est pas immédiate, la morsure du vampire mettant plusieurs heures à agir. Ce sont par ailleurs des créatures qui craignent la lumière du soleil, et ne semblent pouvoir être détruites que si on les décapite. Les anciens, sortent de premiers vampires, semblent par contre dotés de capacités et de besoin un peu différentes.

Un premier recueil respectueux du roman d’origine, et qui confirme la construction quasi cinématographique du récit, décidément pensé en terme scénaristique plus que stylistique. Léger bémol cependant : l’hommage qui était proposé avec l’ouverture sur l’avion dont les passagers et l’équipage ne répondent plus, véritable clin d’oeil à l’arrivée du Démeter dans Dracula, perd cet aspect, car le scénariste a choisi de faire démarre son récit au moment où Ephraim est contacté par sa hiérarchie, non au moment où l’avion atterrit.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *