Holzl, Ariel. Les sœurs carmines, tome 2. Belle de gris

Lady Carmine a réintégré la maison familiale avec son nouveau rejeton, alors que Merryvère a désormais quitté le nid familial. Ayant appris que la reine se cherche une nouvelle demoiselle d’honneur, après la trahison de la précédente, l’aînée des Carmine entend bien dégotter une invitation pour le bal qui est organisé à cet effet, et prendre la place qui lui revient de droit. Mais elle doit également se trouver une tenue digne de ce nom, et pour cela refaire son pécule. Au fur et à mesure de ses pérégrinations, la liste des morts s’allonge, attirant sur elle l’attention d’un inspecteur qui commence à la suspecter.

Après un premier tome qui posait l’univers de Grisaille et le trio des sœurs Carmine, Ariel Holzl revient aux affaires avec cette suite directe, qui met cette fois-ci en scène le personnage de Tristabelle. On y suit donc la soeur aînée des Carmine, prête à tout pour mettre un pied à la cour. La plume de l’auteur retrouve les habitudes du premier opus, offrant à l’héroïne de prendre la parole pour narrer ses aventures, tout en échangeant avec la voix de l’écrivain. De quoi intégrer dans la narration la touche d’humour qui rapproche la série des univers de Pratchett, tout en maintenant une touche sombre, qui en appelle dans le même temps à des séries comme la Courtney Crumrin de Ted Naifeh.

Si j’ai mis un ou deux chapitres à réellement m’immerger dans l’intrigue, l’enchaînement de l’action, la richesse de l’univers de Grisaille, ville où cohabitent humains et créatures surnaturelles, fonctionnent une nouvelle fois sans anicroches. Les personnages sont tour à tour drôles et attachants, les rebondissements bien huilés (notamment celui concernant les origines de Tristabelle, qui fait lien avec le précédent opus tout en levant quelque peu le voile sur une des familles de la ville). Très différentes de Merryvère, qui était au centre de l’intrigue du tome précédent, la jeune femme est une vraie psychopathe à sa façon. Ariel Holzl confirme tout le bien qu’on avait pu penser de sa plume à la lecture du tome un, avec cette suite de même niveau. Et qui appelle a minima un troisième opus (dont quelques pages servent de mise en bouche à la fin de ce tome deux) offrant le premier rôle à Dolorine, la plus jeune des trois sœurs.

Les vampires ne sont pas au cœur de l’intrigue de ce deuxième volet, mais restent présents dans l’histoire. On les croise au sein d’un des instituts de beauté dont ils sont les tenanciers, mais aussi via le personnage de Katryan, l’ancienne meilleure amie de Merryvère, devenue depuis une des Vermeils. On apprendra qu’au fil du temps, elle est davantage en mesure de contrôler ses instincts, même si l’opportunité de boire du sang lui fait encore perdre sa contenance. On découvrira également que, comme pour les loups-garous, l’argent est une arme redoutable contre les vampires.

Un deuxième tome à la mesure du premier, mélange tout aussi réussi de la cruauté qui régit la vie des habitants de Grisaille que de l’humour de ce trio de personnages uniques que sont les soeurs Carmine.

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