Hirano, Toshihiro – Kakinouchi, Narumi. Vampire Miyu SAKU. Tome 1

Tout d’abord, une explication est nécessaire : Vampire Miyu SAKU n’est pas une suite des aventures de la gardienne des ténèbres et de son serviteur, mais un reboot. Ainsi de nombreux éléments changent et ces changements seront abordés au fil de ces paragraphes.

Ce premier tome de SAKU fait les présentations de l’époque, du nouveau contexte et des personnages récurrents. Il s’ouvre sur Miyu qui est la nouvelle d’un collège où, comme toujours, les rumeurs vont bon train au sujet d’une élève, Arisa, qui est partie à l’étranger avant de revenir dans de mystérieuses circonstances. Bien sûr, Miyu et Larva font leur enquête et il s’avère que la jeune fille est possédée par un shinma égaré ou « esprit des ténèbres ». Miyu l’exorcise, apprend comment cela a pu arriver, puis lui offre un rêve de bonheur éternel en échange de son sang. Résumé classique et simpliste s’il n’y avait pas eu les changements apportés et les nouveaux personnages.

À commencer par Miyu et Larva : leur comportement est différent, leur relation également. Miyu ne se perd plus dans les regrets et les souvenirs de son passé humain. Elle dénomme les autres collégiens comme des enfants et n’hésite pas à jouer les croque-mitaines pour donner une leçon aux gamines harceleuses, ce qui inquiète Larva jouant au garde-fou. C’est aussi Larva qui souffre désormais de la perte de son humanité. Il tente de le cacher et ment bien inutilement à Miyu qui le rappelle à l’ordre. C’est aussi autour de lui que tout le récit s’articule à travers Rayne Stride.

Nouvel antagoniste et fil conducteur. Il semble connaître Larva et le suivre, lui et Miyu, à la trace. Il loge en tant qu’étudiant chez les jumeaux Taira : Mei, une fille, et Dai, un garçon. Avec quelques camarades ils forment une espèce de Club des Cinq du surnaturel, s’intéressant eux aussi à l’histoire d’Arisa ainsi qu’à son étrange comportement. Rayne n’hésite pas à les utiliser et les pousser à la curiosité envers Miyu. Le tome se clôture d’ailleurs sur l’un des membres du club qui reconnaît dans un tableau la jeune fille au kimono blanc et aux yeux dorés qui l’a sauvée d’un accident de la route.

Ainsi les changements sont importants et très déstabilisants quand on ne connaît que le manga original. Fini le format « Monster of the week » à chaque volume (si on exclut l’arc des Esprits de l’Occident). Dans SAKU, c’est bien un seul et unique récit qui nous est narré, chapitre par chapitre, tome après tome, cliffhanger et révélations à la clé. Il faut s’y habituer, mais pour ne trouver que plus de profondeurs aux personnages principaux, aux esprits des ténèbres et à leurs victimes.

Les changements ne s’arrêtent pas aux personnages ou à la narration, puisqu’ils se trouvent aussi dans le dessin par le character design. Larva, encore une fois, change beaucoup. Son visage démasqué est similaire aux OAV. Miyu, sous sa forme vampirique, reste la même, sauf sous sa forme humaine elle n’arbore plus son chignon caractéristique, mais la coiffure qu’on lui connaissait lorsqu’elle était humaine. Aujourd’hui, l’auteure paraît à l’apogée de son art depuis les années 2010 avec un style soigné, des traits nets, des personnages aux visages et aux gestes élégants et fins.

L’autre point de changement important dans la narration et qui concerne l’aspect vampirique sont les Ésprits des Ténèbres. Le manga adopte une bonne fois pour toutes ce qui avait été développé et explicité dans la série TV de 97/98. Les humains sont tous des âmes égarées potentielles. Leur désespoir, leurs ténèbres intérieures, leur tourment les transforment en créatures surnaturelles qui ne peuvent trouver le repos. La charge de Miyu tient alors de l’exorcisme, mais une fois libérés, il ne leur reste plus rien. Miyu leur offre ce repos sous la forme d’un rêve de bonheur éternel en échange de leur sang.
Pour finir, SAKU offre justement un sang neuf bienvenu dans la saga de la princesse vampire, la fait entrer dans le XXIe siècle sans hésiter de créer du neuf avec du vieux et de la nostalgie que ce soit dans la narration que dans le character design. Plus qu’à espérer que le mystère qui entoure Larva et que la nouvelle distribution de cartes entre les personnages tienne la route sur le long terme. J’ai bon espoir d’autant que j’en suis au 4e tome et j’attends le prochain avec impatience après un cliffhanger qui promettait d’en savoir plus.

Vivement une version française !

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