Lord Shelley, le père de Percy Bysshe Shelley, explique à Mary que pour que son fils hérite du titre et de la fortune des Shelley, cette dernière va devoir enquêter pour lui. Il semblerait qu’une école pour jeunes femmes des environs encaisse les frais de scolarité des familles sans apporter aux élèves l’éducation attendue ni un traitement décent. Avocat de métier, Shelley entend démêler le vrai du faux, et faire le nécessaire afin que cesse ces pratiques si elles sont avérées. Alors qu’elle vient tout juste d’être mandatée pour pouvoir à l’éducation d’Elcy, Mary va devoir intégrer le pensionnat comme nouvelle enseignante.
Si Elcy — la créature — est toujours bien présente dans ce deuxième volet, son éducation par Mary passe donc au second plan. Ici, Mary reprend sa place de mère prête à s’impliquer pour assurer un avenir à son seul enfant restant, William. Ce faisant, sa mission va l’amener à se confronter à la place des femmes dans la société anglaise de l’époque, et souligner l’influence qu’ont pu avoir sur elle les œuvres protoféministes de sa mère, Mary Wollstonecraft. Ce volume aborde donc les questions de l’éducation et de l’émancipation des femmes, autant en mettant Mary Shelley face à son statut de veuve (et ce qu’il en est de cette position en termes d’héritage) qu’en montrant les premiers pas de l’enseignement à destination d’un public féminin. À noter que la deuxième partie de cet opus revient à la genèse du roman Frankenstein, et à ce qui s’est passé en 1816 à la villa Diodati.
Graphiquement, le travail de Kazuhiro Fujita est dans la droite lignée du précédent tome. Le trait est fin et expressif, l’auteur n’hésitant pas à déformer les visages de ses personnages, comme le prouve ce qu’il fait avec Mary. Le découpage est très dynamique, et permet d’impulser un rythme efficace à l’ensemble.
Avec ce deuxième volet, Kazuhiro Fujita confirme un travail remarquable de recherche doublé d’un bon sens de la mise en scène, et de la réutilisation d’éléments historique au service de son intrigue. Le mélange est très bien ficelé, et offre une lecture de la vie de Mary Shelley qui ne manque pas d’intérêt.


