Dufaux, Jean – Enrico, Marini. Rapaces. Tome 1

De mystérieux meurtres inquiètent la police d’une grande métropole américaine. Une nouvelle victime vient d’être découverte au 123e étage de l’un des buildings qui dominent la ville.

Cette fois encore, le tueur a pratiqué le même rituel: le cadavre gît dans une pièce dont les accès sont verrouillés de l’intérieur et, sur un mur, il y a cette phrase inscrite en lettres de sang « Votre règne s’achève »!

Ce qui intrigue surtout Lenore et son équipier, c’est le corps qui présente les mêmes étranges particularités que les précédents: comme les autres, il est complètement exsangue et, comme les autres, une aiguille lui perce un kyste derrière l’oreille droite…

Un premier opus qui pose de manière efficace les bases de cette variation ensorcelante autour du mythe vampirique. Le lecteur se retrouve ainsi happé au cœur d’une sombre histoire de vengeance entre vampires, vengeance perpétrée par un frère et une sœur aussi beaux que sans pitié. Le scénario ne nous laisse ici que peu de répit, l’action s’enchaînant à un très bon rythme, tout en dévoilant peu à peu les ressorts de l’intrigue. Les deux flics-héros ont chacun une personnalité bien campée, même si le personnage du policier italien a un petit côté archétypique. Vicky, quant à elle, semble avoir des ressources inhabituelles pour une femme de sa position, ce qui laisse présager d’intéressants ressorts scénaristiques dans les opus à venir.

Le dessin de Marini est à son apogée avec cet opus. Certes les visages de ses personnages ont des traits fortement communs d’une série à l’autre, mais le sens du cadrage du dessinateur et son sens de la dynamique donne une atmosphère terriblement efficace à cet album. Les couleurs sont choisies avec soin et participent activement à la narration, comme en témoignent les costumes carmins du frère et de la sœur.

Au niveau du mythe du vampire, cet album reprend quelques idées déjà vues ça et là, tout en les agrémentant de nouveautés intéressantes. Ainsi les vampires du monde décrit semblent évoluer en clans, et donc démontre une certaine hiérarchisation entre vampires. C’est une caractéristique qu’on a notamment pu voir avec le jeu de rôle Vampire, où avec des romans comme ceux de Withley Strieber et, à moindre part, Anne Rice. La grande nouveauté dans cette série vient d’une distinction physique entre les vampires, la grande majorité d’entre eux semblant désormais posséder une particularité commune : un kyste derrière l’oreille droite, la destruction de celui-ci apparaissant comme une nouvelle manière de les tuer définitivement. Seuls Drago et Camilla semblent se différencier, mais la raison en est encore mystérieuse.

En bref une série qui commence sur les chapeaux de roues. Ce premier tome pose les bases du scénario tout en évitant les écueils du contemplatif.

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